Planet

Heureux possesseur d’un appareil reflex numérique, et passionné de photographie, voila quelques temps que je me suis penché sur la meilleur façon d’organiser mon flux de travail sous linux.

En effet, bien que Photoshop soit l’application propriétaire réputée la plus réclamée par les utilisateurs de Linux, l’OS au pingouin est en en réalité très bien équipé pour faire face a un flux de photographie numérique avancé.

Dans ce billet, je vais tenter de présenter un flux de travail pour la photographie numérique, entièrement sous Ubuntu. Certains logiciels présentés ne sont pas libres, mais je présenterai les alternatives libres existantes.

Développer ses RAW

Si la plupart des photographes sont très satisfaits des images JPEG que produit leur appareil photo numérique, le photographe exigeant voudra maîtriser lui même le développement de ses RAW. Pour ceux qui ne le saurait pas, le RAW (codé sur 16 bits (enfin, c’est plus compliqué que ça, en fait… mais bon)) est un format qui conserve l’ensemble des données brutes captées… par le capteur de l’appareil photo, tandis que le JPEG (codé sur 8 bits) est un format déjà traité par l’appareil, au niveau de la couleur, de la balance des blancs, du contraste…

Sur la plupart des appareils photo numérique haut de gamme (récents) et sur tout les reflex numériques, il est possible de choisir le format RAW plutôt que JPEG pour l’enregistrement de ses images, pour conserver un maximum de données et se réserver une marge de manœuvre importante au moment du développement. Si vous souhaitez faire de la photo d’un point de vue expert, professionnel, artistique, ou passionné, c’est le format qu’il vous faut.


Attention! Le format RAW a de nombreux avantages, mais il est également plus contraignant. Les fichiers sont très volumineux, et exige un traitement relativement important avant d’être exploitable d’aucune façon.

Pour développer mes RAW sous Ubuntu, j’utilise un logiciel (propriétaire) d’excellente facture, nommé Bibble. Il s’agit d’un des premier déRAWtiseurs historique, et il produit d’excellents résultats. Disponible sur Linux, mais aussi sur MacOS et Windows, il s’agit d’un logiciel en QT véritablement multiplateforme. C’est à mon goût le meilleur choix possible d’un point de vue technique. Sachez cependant que ce logiciel est payant, et qu’il permet une période d’essai d’un mois.

cliquez sur l’image pour voir la capture en plein écran:

Il faut noter qu’il y a plusieurs alternatives à Bibble sous Linux:

  • LightZone: un autre logiciel propriétaire, gratuit cette fois ci (mais payant sous MacOS et Windows). Il a de nombreux supporters, mais la version linux est la 2.3 quand la version « officielle » est la 3, et il semble que notre plateforme ne soit pas vraiment considérée comme égale aux autres… Cependant, entre sa gratuité et sa gestion originale des zones et des filtres, il est utile de l’avoir sur un coin de disque dur (ici pour la version linux)

  • ufRAW est certainement la solution libre la plus abouti pour traiter des RAW. Il existe en version autonome ou en plugin pour the GIMP. Néanmoins, il est a mon goût encore trop loin derrière (en particulier ses interfaces graphiques…) pour suffire  a une pratique quasi quotidienne  du format RAW.

  • Citons également, en vrac parce que je les connais moins, et qu’il me semble qu’ils sont moins aboutis, dcRAW (plugin GIMP), RAWtherapee, et RAWstudio. N’oublions pas BlueMarrine un projet encore en développement, mais prometteur.

Tous ces logiciels s’installe trés simplement sous Ubuntu, je ne m’étends pas.

Retoucher ses images

Dans ce domaine, c’est The GIMP le logiciel roi:

Plutôt que de vous répéter des choses que vous savez déjà, je vous donne plutôt quelques liens qui explique comment un photographe peu tirer parti de GIMP:

N’oubliez pas, cependant, qu’il existe Krita, intégré a l’environnement KDE, qui a les même objectifs que la GIMP. Notons aussi que Gimp à quelques limitations importantes:  pas de support 16 bits, pas de gestion des couleurs, pas de calques d’ajustement, pas de groupes de calques…

Gérer sa bibliothèque d’images

Dans ce domaine, les logiciels performants sous Ubuntu sont légion! La plupart d’entre eux permettent de trier, classer, tagger, archiver… vos images, même en très grand nombre. Ils permettent également d’effectuer un certains nombres de retouches « basiques », les fonctionnalités variants d’une application à l’autre: rotation, recadrage, courbes, export vers le web ou un media externe…

Personnellement, j’utilise F-spot, fournit par défaut dans Ubuntu. Il permet une gestion très efficace d’une collection trés importante, des fonctionnalités de retouches avancées, la gestion du versionnage des images, l’export vers gallery, flickr, une galerie web statique, un cd…

Dans ce domaine, certains prétendent que Digikam (intégré a Kubuntu et a l’environnement KDE) est meilleur. Ce n’est pas mon avis, mais ce doit être une affaire de goût. Dans ce domaine, il faut aussi citer Gthumb (de base dans Ubuntu) et Jbrout. (j’en oublie sans doute)

Créer un panoramique

Pour cela, un logiciel sort du lot: il s’agit de Hugin. Un peu complexe à mettre en œuvre, il est rudement efficace! Je vous suggère de vous reporter à cette page de la doc pour en savoir plus.

Créer des images HDR

le HDR est une technique relativement récente en photo numérique, qui produit des résultats impressionnants. Je cite wikipedia:

L’imagerie à grande gamme dynamique (High dynamic range imaging ou HDRI) regroupe un ensemble de techniques numériques
permettant d’obtenir une grande plage dynamique dans une image. Son
intérêt est de pouvoir représenter ou de mémoriser des niveaux
d’intensités lumineuses très différents dans une même image. Cette
technique s’effectue en permettant d’attribuer plus de valeurs à un
même pixel. D’abord développée pour les images générées par ordinateur, la technique s’est ensuite adaptée à la photographie numérique.

Un exemple de HDR:


image de Nattfodd sous licence Creative Commons CC
BY-NC

Pour ce type de traitement sous Ubuntu, il existe une interface graphique conviviale, nommée QTpfsgui
Ce logiciel est disponible sur un dépôt tiers, et il me semble qu’il sera intégré a Ubuntu pour la Gutsy Gibbon. Vous pouvez vous reporter à la documentation pour plus d’information quand à son utilisation et son installation.

Calibration et gestion de la couleur

J’ai gardé ce point pour la fin, car c’est encore aujourd’hui un point noir pour le photographe sous linux.

Si votre écran est d’une qualité correcte, et que vous n’êtes pas trop exigeant, vous pouvez vous en passer, et vous ne savez peut être même pas de quoi il s’agit. Par contre, si vous souhaitez maitriser toute votre chaine photographique, vous savez déjà ce que sont les espaces de couleurs et les profils couleurs des différents matériels.

Sans entrer dans les détails ennuyeux, sachez simplement que chaque appareil traite le rendu des couleur d’une façon qui lui est propre, et que pour obtenir sur papier ce que l’on voit a l’écran, il faut avoir la maitrise du profil couleur de son écran, de son imprimante, et d’une façon générale, de tout les éléments matériels du flux. Pour un écran, il s’agit de le calibrer (régler) de façon a ce qu’il affiche les blanc vraiment blancs, les noirs vraiment noirs, et d’une façon générale, les couleurs d’une façon juste, et pas « chaude » ou « flatteuse », comme pour un jeux vidéo. Sans quoi, sur l’image que vous aviez peaufiné pour obtenir un beau rouge Ferrari sur les fleurs de tatie george, les roses seront oranges… et vous serez vert.

Bibble (par exemple) gère parfaitement les profils, et c’est le cas de nombreuses applications sous ubuntu. Le problème n’est pas là.

Je m’explique: Une bonne calibration ne peut que difficilement être faite a l’oeil, et nécessite l’usage d’une sonde colorimétrique, qui se pose sur l’écran, se branche sur l’ordinateur,  et permet de comparer des valeurs de couleurs avec celles que renvoie l’écran. À l’issue de la procédure, vous obtenez un « profil » de votre écran, qui vous permet de maîtriser la colorimétrie de votre écran. En utilisant ce profil en conjonction avec celui de votre imprimante, ou de votre labo photo, vous êtes assuré d’avoir une bonne gestion des couleurs, et vos roses seront rouge Ferrari.

Malheureusement, la plupart des sondes ne sont pas compatibles avec Ubuntu (et Linux en général), et les logiciels qui vont avec sont exclusivement réservés a MacOS et Windows.

Cette page explique comment calibrer son écran sous linux, sans matériel supplémentaire, et quand on a la chance d’avoir un écran qui peut de régler d’un point de vue matériel, et pas seulement logiciel.

Il existe quelques utilitaires, tel que Monica, pour vous aider a régler le point noir et le Gamma de votre écran, Argyll pour créer un profil ICC avec l’une des rares sondes qui soient compatibles avec le pingouin, et enfin Xcalib a charger ce profil, pour l’utiliser. Sachez cependant que c’est loin d’être un processus facile…

Une solution alternative serait d’utiliser un windows virtualisé (avec vmware ou virtualbox?) ou bien déporté avec VNC pour créer sous windows un profil valide pour Xorg… c’est tordu, mais ça devrait marcher. Si quelqu’un a tenté cette expérience, je suis curieux d’en connaître le résultat. (visiblement, ça marche!)

Edit: Stéphan Peccini à écrit un super article en français sur la calibration de son écran sous Linux.

Pour finir

Si tout ce travail ne vous à pas découragé, je vous invite a créer un photoblog avec l’excellent logiciel libre PixelPost pour montrer vos images au monde entier. et au passage, je ne résiste pas à l’envie de vous montrer le mien.

via le blog de la classroom

Une de vos application préférée pas encore packagée ? Vous souhaiteriez vous en charger vous-même, ou tout simplement apprendre à packager des softs pour Debian/Ubuntu ? Dans ce cas ce cours est fait pour vous, rendez-vous le vendredi 13 Juillet à 18H UTC (20H à Paris) sur le canal #ubuntu-fr-classroom du réseau freenode (irc.freenode.net).

Nous verrons dans un premier temps de quoi est constitué un package Debian, puis comment en créer un manière (pas puis plus) propre, et enfin comment faire pour que son paquet soit inclus dans les Dépôts officiels de notre distribution préférée :-)

Prérequis pour le cours:

  • Avoir installé pastebinit (sudo aptitude install pastebinit)
  • Avoir installé debhelper cdbs linda build-essential fakeroot devscripts pbuilder dh-make debootstrap (sudo aptitde install…)
  • Avoir installée la version suivante de lintian: http://people.dunnewind.net/arthur/… (wget puis dpkg -i, ou gdebi…)
  • Si possible avoir déjà Compilé un programme et savoir ce qu’est un Makefile
  • Avoir déjà utilisé la ligne de commande

Rassurez vous si ces deux dernières notions ne vous sont pas encore familières, elle seront brièvement expliquées pendant le cours ;-)

Note: ce cours est aussi valable pour Debian que Ubuntu, donc utilisateurs Debian, venez nombreux !

A vendredi !

Depuis jeudi, c'est la révolution. Ceci est plus ou moins un billet d'humeur, j'y parle d'Ubuntu et de jeux vidéo et vous y trouverez (peut-être) deux-trois infos qui valent le coup (en particulier l'acte III).

Acte I : Encore un bug sur les cartes ATI Radeon

Jeudi soir, 6h

Tout d'abord, suite au billet de Racoon à propos du million de posts du forum, je me suis replongé dans le forum Ubuntu-fr à la recherche d'une solution pour un bug terrible sous Tremulous. C'est très fort, à l'heure où je poste ce billet, ce fil est un pur monologue de moi avec moi :D :

Je suis sous Feisty avec une carte ATI et j'ai depuis peu un probleme avec Tremulous...

Lorsque je joue, j'ai de temps en temps un flash très bref sur l'écran (à peine perceptible) et la touche pour avancer (W) se bloque, autrement dit je suis obliger de lever le doigt et de re-appuyer sur la touche pour que ça reparte.

Ceux qui connaissent le rythme effrénée d'une partie de Tremulous comprendront qu'il s'agit d'un problème gênant : c'est comme si d'un coup un mur invisible se dressait devant moi et parfois alors même que ma situation dans le jeu est critique...

Bref, je ne sais pas si c'est un problème de clavier ou de carte graphique, toutefois ce problème n'existait pas sous Edgy, et est apparu avec Feisty. C'est peut être un bête problème d'entrée car depuis Edgy le driver evdev de ma souris connaît également quelques problèmes (parfois je dois redémarrer pour qu'il marche...).

Ceci dit, ce problème n'existe que sous Tremulous. Si j'ouvre un bloc-note et que j'appuie sur W pendant 3 minutes, il n'y a pas de problèmes, et sous WarSow (un autre FPS) le problème n'existe pas non plus...

Il semble que cela se produise avec les autres touches également, mais seulement sous Tremulous... :(

Bon, ça se produit aussi sous OpenArena, mais pas sous WarSow... Étrange non ?

Donc WarSow est basé sur le moteur de Quake II, et Tremulous et Open Arena sont basé sur le moteur de Quake III.

Puisque les deux jeux ne partagent pas le même moteur et qu'il semble peu probable que le bug ait été introduit en même temps sur les deux jeux, ça doit venir de ma machine...

Personne aurait une idée du problème ? Peut-être devrais-je tester une autre config xorg.conf pour le clavier ? Où existe-t-il une méthode pour avoir plus d'info sur ses entrées pour pouvoir fournir plus d'info sur le bug ?

Finalement, j'y ai trouvé une réponse. Je savais que j'avais par le passé en partie désactivé un module pour résoudre quelques problèmes avec mon ATI, mais je n'avais pas réussi à retrouver comment. Puis au détour d'un post[1], la fameuse astuce est apparue devant moi. Elle a solutionné mon problème et j'ai clos le post et rajouté une rubrique « Problèmes sur les jeux » sur la doc Ubuntu-fr pour les cartes ATI :

Solution :
http://doc.ubuntu-fr.org/fglrx#problemes_sur_les_jeux

Vous pourrez également rencontrer sur certains jeux basés sur Quake 3 (Tremulous, Open Arena, …) quelques problèmes de contrôles au clavier (précédé d'une sorte de flash discret sur l'écran), ou encore un affichage pas très beau sous Planeshift. L'astuce pour résoudre ces problèmes consiste à ajouter dans le fichier xorg.conf, section "Module" :

SubSection "extmod" Option "omit xfree86-dga" EndSubSection #Load "extmod"

N'oubliez pas de commenter/enlever le Load "extmod".

Je vous déconseille de faire ceci si vous ne savez pas ce que vous faîtes ! Vous pourriez casser le serveur graphique de votre Ubuntu !!

Voici comment j'ai corrigé un bug sous Tremulous, mais aussi améliorer les graphismes de Planeshift, que je testais ce soir là. Tremulous tourne maintenant impeccablement, mais Planeshift reste très lent, probablement pour une sombre histoire de shaders sur laquelle je vais revenir…

Acte II : World of Warcraft

Jeudi soir, 8h

Fort de ce succès, je décide de me tenter une installation de WoW sous Ubuntu. Je me la joue brutal, et je copie le répertoire de mon installation Windows dans mon répertoire ~/Jeux/. Je suis les instructions de la documentation Ubuntu-fr sur WoW, tout en finissant en parallèle sa réorganisation que j'avais commencé avec Asimov il y a deux mois.

Après moultes echecs, je suis finalement arrivé à faire tourner WoW a peu près correctement. Les points suivants ont été cruciaux :

Depuis, j'ai également réduit la résolution à 1024×768 en mode fenêtré pour gagner quelques FPS. Je signale au passage que WoW Cartographe tourne également impeccablement bien sous WINE. Pour ceux qui voudraient tester, je recommande les documentations suivantes :

Acte III : La révolution en marche

Vendredi soir, 6h

Jeudi, à minuit, je voyais apparaître dans mon agrégateur une nouvelle que j'attendais depuis un mois : La première version stable de Wine-Doors est enfin disponible !

Wine-Doors est un gestionnaire de paquet pour vos applications Windows sous GNU/Linux et WINE ou Cedega !! Enfin une solution simple et viable, avec une équipe de développement robuste, pour gérer toutes les applications Windows !

Vendredi soir, je me lance. L'installation est fort simple, vous trouverez toutes les infos sur la documentation Wine-doors de Ubuntu-fr. Puis ce fut le bonheur. Simple. Efficace.

Un screenshot de Wine-Doors

Bon, il y a toutefois encore quelques bugs et je vous conseille de faire une sauvegarde de votre fichier ~/.wine/wine-doors/preferences.xml au cas où vous auriez un problème avec ce fichier, comme ça m'est arrivé…

Wine-Doors semble très prometteur. J'avais pour la première fois entendu parler de lui en lisant la lettre d'information hebdomadaire d'Ubuntu n°42. L'équipe semble robuste et va permettre à Ubuntu de supporter de mieux en mieux les applications Windows en général.

J'ai pu très facilement installer Steam et jouer, toutefois les performances restent faibles à cause de mon ATI. Pour les autres jeux, il faut les CDs ;) ! Mais on trouve également Call of Duty 1 et 2, World of Warcraft, Warcraft 1, etc.

La morale de cette histoire…

La morale de cette histoire est :

  • Les cartes ATI sont réellement peu performantes sous GNU/Linux ;
  • Les jeux Windows seront bientôt simplement installables sous Ubuntu grâce à Wine-Doors.

Notes

[1] Je ne sais plus lequel…

[2] Il faut savoir ce que l'on fait !

[3] D'où le fait que je crois qu'il s'agit du problème pour Planeshift.

04 Juillet 2007 à 23:10

Parfois, un Gnome c'est moche... via Ludoka.net

Il est souvent consternant de voir une application, pourtant puissante, arborer des graphismes hideux. C'est le cas des applications GTK 1, comme par exemple Audacity.

Heureusement, Louis XVI with a gun est là pour nous venir en aide. Au passage je vous recommande son blog, qui est d'une grande qualité. Allez également jeter un œil au planet Ubuntu Réunion, qui ne compte que trois membres mais est très actif et de qualité.

Voici la marche à suivre :

  1. Téléchargez le fichier joint (gtkrc)[1], puis placez le dans votre répertoire home et renommez le .gtkrc.mine ;
  2. Vérifiez que le fichier ~/.gtkrc-1.2-gnome2 contient :
    include "/home/ton_nom_utilisateur/.gtkrc.mine"
  3. Installez le paquet gtk-engines-industrial ;
  4. Lancez Audacity ou une autre application GTK 1 pour tester. Si ça marche pas de suite, tentez de vous déconnecter puis de vous reconnecter.

Sources :

Notes

[1] Ce fichier est l'œuvre de Louis XVI with a gun (à 98%).

GMT (Generic Mapping Tools) est une collection d'outils libres et multi-plateformes permettant la génération de cartes et de diagrammes. Regroupant de l'ordre de 60 programmes en ligne de commande elle offre de nombreuses possibilités telles la création de cartes selon différentes projections, la représentation de données géographiques, la génération de graphiques et même la représentation en 3D.

Pour avoir un aperçu des possibilités, je vous renvoi vers les exemples, et en particulier celui-la ou cet autre ou encore ce dernier

Je vais me contenter dans cet article d'aborder les fonctions de base pour la génération de cartes. Pour les autres la documentation offcielle est très fournie. Vous y trouverez un manuel de référence, un tutoriel très bien fait et les nombreuses pages de man.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, voici ce que vous devriez être capable de produire à la fin : Manche

Installation & configuration

GMT étant présent dans les dépots, il vous suffit d'installer les paquets gmt, gmt-coastline-data, gmt-doc, gmt-examples et gmt-tutorial ces 3 derniers ne sont pas nécessaires, mais je vous les recommande tant la doc est importante.

Il vous faut aussi créer quelques variables d'environnement. Ajoutez ces lignes à votre ~/.bashrc

# gmt variables export NETCDFHOME=/usr/lib export GMTHOME=/usr/lib/gmt export PATH=$PATH:$GMTHOME/bin

Les étapes suivantes sont facultatives mais nécessaires pour suivre ce petit tutoriel.

GMT permet plusieurs niveaux de détails pour la représentation des côtes (crude, low, intermediate, high, full). Ubuntu fournit les 3 premiers via le paquet gmt-coast-low. Nous allons installer en plus le niveau full. Vous trouverez les différents miroirs la

wget ftp://gd.tuwien.ac.at/pub/gmt/4/GMT4.2_full.tar.bz2 cd /usr/share/gmt/ sudo tar xvjf /chemin/vers/GMT4.2_full.tar.bz2

Pour avoir une idée du niveau de détails, voici la carte de la manche avec les différents niveaux[1].

crude low intermediate full

Nous aurons aussi besoin de données topographiques, c'est à dire des données d'altitude et de profondeur. Il existe plusieurs sources dont vous trouverez les liens à la fin. Nous utiliserons les données ETOPO2v2 fournies par la NOAA[2]. Elles ont l'avantage d'être précises à 2 minutes d'arc prêt et de combiner les terres et mers. Vous pouvez télécharger les données mondiales (Attention le fichier fait 97Mo) ou alors ne récupérer que celles qui vous seront utiles (procédure plus bas).

# Pour télécharger et installer toutes les données : wget http://www.ngdc.noaa.gov/mgg/global/relief/ETOPO2/ETOPO2v2-2006/ETOPO2v2g/netCDF/ETOPO2v2g_f4_netCDF.zip sudo unzip ETOPO2v2g_f4_netCDF.zip -d /usr/share/gmt/dbase/

Enfin, fixons quelques paramètres par défaut[3].

gmtset -G$HOME/.gmtdefaults4 BASEMAP_TYPE fancy+ PLOT_DEGREE_FORMAT ddd:mmF
  • BASEMAP_TYPE pour l'affichage des axes comme sur la carte ci-dessus (noir et blanc, coins arrondis)
  • PLOT_DEGREE_FORMAT pour afficher les coordonnées du type 48°23'N

voir le manuel de référence pour plus de détails.

Cartographier

Ma première carte

Maintenant lançons nous et générons notre première carte, la commande peut faire peur, mais nous allons détailler :

pscoast -R-7/2/47.5/51.5 -JM10c -P -Ggreen -Sblue -W -Df -Ir -B1g1 > gmt_manche_01.ps

pscoast va vous permettre de dessiner les terres, mers, côtes et rivières. Les options sont :

  • -R-7/2/47.5/51.5 : les limites de la carte à réaliser. Ici, un rectangle dont les coordonnées sont 7° de longitude Est, 2° de longitude Ouest, 47,5° de Latitude Nord et 51,5° de Latitude Nord.
  • -JM10c : projection Mercator, la carte fera 10cm de large
  • -P : créer une page en mode portrait
  • -Ggreen : couleur des terres
  • -Sblue : couleur des mers
  • -W : dessine le trait de côte (en noir par défaut)
  • -Df : utiliser la base de côte full (c, l ou i pour les autres bases disponibles)
  • -Ir : affiche les rivières permanentes
  • -B1g1 : créer les axes avec une unité tous les degrés

Un fichier postcript est alors produit. Vous pouvez le convertir en png à l'aide de la commande ps2raster (qui nécessite ghostcript)

ps2raster -Tg -A gmt_manche_01.ps
  • -Tg : format de sortie PNG (-Tj pour Jpeg et -Tf pour PDF)
  • -A : pour ne conserver que la partie utile

Capture

Ajoutons un peu de relief

Il faut tout d'abord créer un fichier .grd lisible par GMT avec les données topographiques. Si vous avez installé l'ensemble des données, créez le ainsi[4] :

grdreformat /usr/share/gmt/dbase/ETOPO2v2g_f4.nc gmt_manche_02.grd -R

Sinon, allez sur le site Geodas pour récupérer un fichier .xyz. Remplissez ainsi :

Capture

et téléchargez le fichier xyz. Vous pouvez alors générer le grd avec cette commande :

xyz2grd -Ggmt_manche_02.grd -I2m -R manche02_1630.xyz

Pour afficher les détails sur le nouveau fichier :

grdinfo gmt_manche_02.grd

/!\ Vous avez peut-être noté que je n'ai pas donné les paramètres à l'option -R. C'est normal, GMT conserve les derniers paramètres utilisés dans le fichier .gmtcommands4 du repertoire courant. Cela vous permet de simplifier l'écriture mais est parfois source d'incompréhension :)

Nous allons maintenant ajouter les lignes de niveaux à notre carte :

pscoast -R -JM20c -Ggreen -Sblue -W -Df -B -K > gmt_manche_02.ps grdcontour gmt_manche_02b.grd -J -S4 -C20 -O >> gmt_manche_02.ps

Dans les nouvelles options, notons :

  • -K : pour dire que l'on va encore ajouter des données au fichier
  • -O : pour dire que l'on ajoute des données au fichier (notez aussi le >>)
  • -C20 : pour dire à grdcontour de tracer les lignes tous les 20m[5]
  • -S4 : pour lisser les lignes

Capture

Colorisons un peu plus

Les couleurs plates, c'est bien joli, mais ça manque un peu de ... relief :) Voyons comment arranger cela.

D'abord, il faut créer une palette de couleur à partir de celles par défaut mais mise à l'échelle de nos valeurs :

makecpt -Crelief -T-450/450/20 -Z > gmt_manche_03.cpt psscale -Cgmt_manche_03.cpt -D10c/2c/20c/1ch -Ba100 > gmt_manche_03_cpt.ps
  • -Crelief, -Cgmt_manche_03.cpt : palette utilisée
  • -T-450/450/20 : translation à appliquer à la palette de -450m à 450m par pas de 20m, on trouve les extrêmes grâce à la commande grdinfo vue ci-dessus
  • -Z : palette continue (dégradé de couleurs)[6]

La commande psscale permet de générer une échelle. Je vous laisse lire la documentation pour les détails. Vous pouvez aussi l'utiliser pour ajouter l'échelle sur votre carte Palette

Créons maintenant la carte topographique à l'aide de grdimage

grdimage gmt_manche_02.grd -J -Cgmt_manche_03.cpt -E50 -K > gmt_manche_03.ps grdcontour gmt_manche_02.grd -J -S4 -C25 -O >> gmt_manche_03.ps
  • -E50 : permet d'augmenter la résolution en interpolant les données, souvenez-vous, nos données sont par pas de 2 minutes d'arc, si on laisse comme cela, nous aurons des carrés
  • les autres options sont déjà connues ;)

Capture

Conclusion

Voila, comme l'article est déjà (très) long, je vais m'arrêter la. Nous n'avons fait qu'effleurer les possibilités de GMT et je vous encourage donc vivement à suivre le tutoriel officiel, à lire la doc de référence et à expérimenter. Vous pouvez aussi télécharger le script regroupant toutes les commandes vues.

Pour réaliser la carte de la manche présentée en début d'article, il ne vous manque que psxy pour afficher des symboles et pstext pour le texte. Leur utilisation est relativement simple et vous trouverez des exemples commentés dans le script qui génère celle-ci. Tout le reste est déjà expliqué dans cette page.

Enfin, il existe une interface graphique pour GMT : iGMT, mais celle-ci n'étant pas disponible dans les dépots, je ne l'ai pas testé.

Liens

Pour finir les liens utiles :

A ce propos, je ne résiste pas à citer luckytoyn qui dans ce même sujet disait :

J'ai l'impression que moins un programme est convivial, plus il est puissant.
gmt est très puissant.

Continuons les liens :

Voila, merci et bravo à ceux qui sont arrivés jusque la ;) A vos cartes !

Notes

[1] vous trouverez le script pour les produire à cet endroit, ne vous inquiétez pas des options nous allons détailler plus loin

[2] National Oceanic and Atmospheric Administration, une agence Américaine

[3] On peut aussi les donner en ligne à chaque commande, voir gmtdefaults

[4] il y a surement moyen de ne pas donner le chemin complet grâce au fichier coastline.conf, mais je n'ai pas trop cherché

[5] il prend aussi l'option -A50 pour labéliser les lignes tous les 50 mètres

[6] notez aussi -I pour inverser la palette

Derrière ce titre abracadabrant[1], se cache la courte apologie d'une fonctionnalité bien discrète d'Ubuntu. Et pourtant Ô combien essentielle à mes yeux !

C'est suite à un billet sur «La révolte des accents» sur Formats-Ouverts.org que j'ai décidé d'écrire moi même un billet sur le sujet des accents sous Ubuntu.

Sous GNOME, pour configurer votre clavier il suffit d'accéder au menu Système→Préférence→Clavier. Présentement, c'est l'onglet Agencement qui nous intéresse… Mon clavier est configurer sur Autre, cela correspond à l'agencement ci-dessous :

Image des touches du clavier sous GNU/Linux

Pour expliquer avec un exemple simple la puissance d'Ubuntu sur le sujet, choisisson la lettre `o´ (suivez sur l'image ci-dessus, centre-cliquez pour la voir en plus grand dans un nouvel onglet…) :

  • Un appuis simple sur `o´ donne : o
  • Un appuis sur MAJ + `o´ donne : O
  • Un appuis sur ALT GR + `o´ donne : œ
  • Un appuis sur MAJ + ALT GR + `o´ donne : Œ

Magique non :D ?
Maintenant vous n'avez plus d'excuse pour mettre les accents sur les majuscules ! Mais vous avez également un accès plus facile à une foule de signes :
ø`´¯²¹⋅×→←↑↓↙↘↖↗↔¿…

Ensuite, il vous est aussi possible d'acquérir un clavier Dvorak

Au passage, j'ai toujours été sacrément mauvais en orthographe et en grammaire, mais écrire É ne prend pas vraiment plus de temps qu'écrire E, donc je vous encourage à respecter la langue française autant que vous le pouvez, c'est quelque chose d'important…[2]

Bingo! :

Notes

[1] Hum...

[2] Avis aux détracteurs : L'argot français fait parti du français…

Avoir LE LiveCD qui va bien, celui qui fait juste ce qu’il vous
faut, et rien d’autre, avaec votre propre thème graphique, votre fond
d’écran, ça vous branche ? Tant mieux, car on en parlera Jeudi 05 Juillet sur freenode (canal #ubuntu-fr-classroom) à 20H00, heure Parisienne (18H00 UTC).

Une session en deux parties sera proposée. La première vous
proposera une solution pour installer/desinstaller les paquets que vous
voulez, et changer la configuration par défaut. La seconde, pour les
utilisateurs un peu plus avancés, partira à la découverte de casper, logiciel qui gère le lancement du LiveCD.

Pour préparer la session, pensez juste à télécharger une iso Ubuntu
Desktop quelconque (pour éviter des problèmes de compatibilité,
récupérez la même version que votre système principal).

A jeudi !

via u-classroom

Jusqu'à il y a quelques jours, je m'obstinais, à chaque nouvelle sortie, à ré-installer Ubuntu from scratch[1]. Bon, j'ai décidé d'arrêter de me prendre la tête et de balancer mon carnet de notes (un wiki tiddlywiki) aux orties puis à tirer la chasse. Entre autres bêtises recopiées sur le wiki Ubuntu-fr, on y trouvait ma précieuse liste de paquets. Chacun de ces paquets recèle un vrai trésor, un cadeau divin. Mais la liste en elle même représente, maintenant que j'ai décidé de faire les mises à jour comme tout le monde, que peu d'intérêt. Sauf...

Le set élite[2] que tout GNOME se doit de porter avant de partir à l'aventure dans les terribles instances des grottes de l'expérience utilisateurs ![3]

Ci-dessous, j'indique le nom des paquets en gras, la plupart sont récupérables chez tout marchand d'armes digne de ce nom. Toutefois certains sont plus rares et il vous faudra vous aventurer dans des contrées lointaines (tels que les landes de GetDeb le tueur de Porcinet) pour les looter...

La défense :

  • Le heaume gnome-compiz-manager : qui vous permettra d'accéder à toutes les options de configuration de vos lunettes 3D verte et rouge ;
  • Le collier totem-xine : protège des sorts de feu et des mauvais codecs ;
  • La cape nautilus-actions : qui peut prendre la forme que vous voulez pour ajouter des actions au menu contextuel de votre armure ;
  • L'armure gtk2-engines-murrine : vous permet d'accéder à de beaux thèmes pour votre armure ;
  • Les bracelets cups-pdf : à 5% les ennemis qui vous touchent imprimerons leurs documents dans des fichiers pdf ;
  • L'anneau unique[4] screenlets : il vous permettra de transformer votre armure en une chose infâme, toute clignotante de partout et affichant la météo et la température en temps réel de 12 pays différents ;
  • Les jambières qt3-qtconfig : pour vous protéger des ponctions de mana des applis KDE, et accessoirement configurer leur apparence graphique ;
  • Les bottes nautilus-gksu : indispensables pour pénétrer sur les terrains de boue administrateur.

L'attaque :

  • L'épée beagle : désignez un ennemi et elle le trouvera pour vous (attention toutefois, une mort stupide est si vite arrivée) ;
  • La masse gmountiso : il n'y a pas plus rapide pour monter vos iso (indispensable contre les golems de fer) ;
  • Les fléchettes gnomebaker : avec un peu d'entraînement, il n'y a pas mieux pour graver vos CD anti-démoniste ;
  • Le lasso gnomescan[5] : vous permettra de disposer d'une étoile enflammée toutes les 50h de jeu, et d'un sort pour scanner les plans des donjons ;
  • Les éternuements transmission : refile vos microbes aux ennemis, permet également d'échanger vos fichiers Bit Torrent.

De quoi avoir une arme dans chaque doigt de la main droite.

Bonne chasse :D !!!

Notes

[1] À partir du CD...

[2] Ne pas confondre avec un truc qui vole dans l'espace... ((c) de ma copine... douée non ?)

[3] Attention ce set n'est disponible qu'à partir du niveau 68.

[4] En seulement 2 897 547 exemplaires...

[5] Sponsorisé par Indiana Jones

24 Juin 2007 à 19:24

Putain, y en a qui sont doué ! via Ludoka.net

un screenshot du jeu Crayon Physics

Suite à un article fort intéressant d'Overgame, j'ai testé cet aprèm un petit jeu de Petri Purho.

Le principe est simple, il faut dessiner des formes pour pousser une balle et l'amener vers une étoile. Ce jeu, développé en seulement 5 jours, est tout à fait extraordinaire ! Vous pouvez en apprendre un peu plus en regardant la vidéo en pièce jointe que j'ai faîte pour vous...

Ceci nous rappelle une leçon essentielle : Ce sont des jeux tel que irrlamb (dont le version 0.3 est sortie, top-méga-fun on peut maintenant faire des replays :D !), Frozen Bubble ou Crayon Physics qui permettent la véritable innovation vidéo-ludique ! Je suis convaincu que de tels jeux peuvent faire de GNU/Linux une plateforme de jeu digne de ce nom. Bien sûr, il existe déjà une flopée d'autre petits jeux sous Ubuntu, mais peu d'entre eux trouve grâce à mes yeux : il leur manque la qualité !

Bon, par contre, déception, Crayon Physics n'est pas libre et n'existe que pour Windows. Pour l'installer sous Ubuntu, il vous faut WINE : l'émulation[1] se passe très bien. Alors, si vous voulez jouer à ce jeu, voici la procédure à suivre :

  1. Téléchargez l'exécutable de Crayon Physics ;
  2. Téléchargez MSVCP60.dll (Merci Exalead !) ;
  3. Dézippez le jeu, puis placer MSVCP60.dll à coté de crayon.exe ;
  4. Lancez le jeu avec WINE dans une console (sinon ça marche pas).

Notez également que le son ne marche pas et que le jeu ne se lance pas si on n'occupe pas le son avec autre chose (musique, film, etc).

Franchement, je suis dégoutté, ce Petri Purho est un surdoué !! Cinq JOURS !!

Notes

[1] Oui je sais, WINE truc, mais on se comprend hein ! Pourquoi la ramener sur des bêtises ?

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