Planet

Je viens de migrer mon auto-hébergement vers cette nouvelle machine. Elle est très silencieuse (il n’y a pas de ventilateur) et consomme peu.

Je n’envisageais pas d’écrire un billet, mais l’installation d’Ubuntu Server 11.04 ne se déroule pas sans incidents :

Aucune interface réseau n’a été détectée

C’est le genre de problèmes qu’on espère un jour ne plus connaître lorsqu’on installe une distribution… Surtout lorsque ce problème en provoque d’autres… Ceci est donc un aide-mémoire qui me sera utile pour une future installation.

Installation

Tout d’abord, il faut ignorer le message d’erreur, tant pis, l’installation sera effectuée sans réseau.

Ensuite la section Choisir et installer des logiciels, il ne faut surtout pas activer Mail (postfix et dovecot) dans la liste : cela ferait planter le processus d’installation car il ne trouve pas d’interface réseau. En effet, dans /var/log/syslog, on trouve une erreur du genre :

postfix/sendmail: fatal: could not find any active network interfaces

On installera donc le serveur mail plus tard.

En suivant ces conseils, l’installation doit se dérouler correctement.

Récupération des pilotes

À partir d’un autre ordinateur, récupérer la dernière version des sources du pilote (j’en fait une copie chez moi, au cas où).

Ensuite, on est un peu embêté, car on devrait extraire les sources sur le serveur et exécuter sudo make install. Sauf que make n’est pas installé par défaut sur Ubuntu Server (merci Ubuntu !), et pour l’installer, il faut le réseau… qu’on aura une fois qu’on aura installé les pilotes…

Heureusement, on peut s’en sortir manuellement. Pour cela, sur un ordinateur qui possède make (avec le même noyau pour la même architecture), extraire les sources de l’archive dans un répertoire et exécuter :

tar xvjf jme-1.0.7.1.tbz2 cd jmebp-1.0.7.1 make

Cela crée un fichier jme.ko (je suis gentil, je vous donne le fichier déjà compilé pour le noyau 2.6.38-8-server en amd64). Le copier sur une clé USB.

Installation des pilotes

Ensuite, brancher la clé USB sur le serveur, et déterminer son emplacement (sous la forme /dev/sdX1). Pour cela, (une technique parmi d’autres) juste après l’avoir branchée, exécuter :

tail /var/log/syslog

La commande doit afficher plusieurs lignes ressemblant à ceci :

Jun 6 22:33:19 rom-server kernel: [1046971.365046] sd 12:0:0:0: [sdb] Attached SCSI removable disk

Ici, l’emplacement est donc /dev/sdb1.

Monter donc la clé :

sudo mount /dev/sdb1 /mnt

Puis installer le pilote compilé au bon endroit et l’activer :

sudo install -m 644 /mnt/jme.ko /lib/modules/$(uname -r)/kernel/drivers/net sudo modprobe jme

Finaliser l’installation

Ajouter à la fin de /etc/network/interfaces :

auto eth0 iface eth0 inet dhcp

Et rebooter :

sudo reboot

Normalement, la carte devrait être détectée (on peut tester avec ifconfig).

Si tout est OK, on peut maintenant installer le serveur mail.

04 Juin 2011 à 13:18

Festival Papillons de nuit 2011 via Ubuntu Party

Si vous êtes entre Rennes et Caen du 11 au 13 juin 2011, si vous aimez la musique, si vous êtes muni d’un sac à dos et d’une tente, c’est que vous allez sûrement au festival des Papillons de nuit. Vous aurez alors la chance de pouvoir mettre à jours vos blogs, galeries photos, ou encore de vous balader sur le web sur place et avec Ubuntu grâce à une petite équipe de bénévoles d’Ubuntu-fr !

En effet, comme le festival des Vieilles Charrues depuis 2009, le festival des Papillons de nuit accueille pour sa 11ème édition un espace webcafé équipé de postes informatiques sous Ubuntu en accès libre pour les quelque 60 000 festivaliers attendus.

Retrouvez la programmation musicale et toutes les informations utiles sur le site officiel : www.papillonsdenuit.com

Je lisais récemment sur le blog de Philippe Scoffoni qu’UFC que Choisir a décidé d’intensifier son combat contre la vente liée. Derrière des airs rébarbatifs la situation peut se révéler favorable à l’adoption de GNU/Linux mais surement pas pour les raisons avancées par beaucoup.

Revenons donc plus en détails sur les démarches engagées par UFC que Choisir. Depuis 2008, l’association de consommateurs milite conte la vente liée. Le 5 Mai 2011, HP s’est vu condamné par la Cour d’appel de Versailles pour ce même motif.  Fort de cette décision, UFC désire aller plus loin que ce que la loi impose actuellement aux marques (à savoir mentionner le prix des logiciels préinstallés et mettre en place une procédure remboursement de ces logiciels). L’association désire en effet l’approbation de deux propositions concrètes (je cite) :

  • L’information : rendre obligatoire l’affichage séparé du prix des ordinateurs de ceux des logiciels pré-intégrés.
  • L’optionalité : L’acquisition d’un logiciel doit être optionnelle. En l’occurrence, si un logiciel payant est préinstallé, son activation doit faire l’objet d’une transaction distincte. Cela permet également d’envisager l’installation de plusieurs systèmes d’exploitation : le consommateur paierait alors celui ou ceux qu’il envisage d’utiliser. Rappelons qu’un système similaire a été mis en place pour les navigateurs Internet à la demande de la Commission Européenne. Un tel système garantirait le libre choix des consommateurs tout en encourageant aussi la concurrence sur le marché des logiciels.

Pour plus d’information sur le sujet, je vous invite à consulter le billet d’UFC que choisir. Si le choix optionnel et distinct des logiciels est une chose aisée, il en est tout autrement pour les systèmes d’exploitations.

Le choix de l’OS, une solution techniquement envisageable?

La possibilité de choisir son OS via un système de ballot-screen, comme pour les navigateur, me faisait déjà rêver il y a plus d’un an avec Sckyzo. Mais peut-on techniquement l’envisager sans que ce soit un poid pour les professionnels de l’informatique? Oui! Les options sont même nombreuses. Par exemple, Phillipe, lui, a tendance à croire dans les possibilités de virtualisation. Mais si profiter d’un mini-système Xen qui exécute l’OS de son choix virtualisé est techniquement réalisable, je ne crois pas, pour ma part, à cette solution en raison de ses limitations. Bien qu’ un ordinateur de plus ou moins 500€ loge maintenant un processeur multi-core capable d’encaisser un système virtualisé, celui-ci, malgré les évolution réelles de la virtualisation, se trouverai castré. Envisageriez vous de faire fonctionner un jeu de type Sims3 dans un système virtualisé? Oubliez, vous seriez bien déçu…

Si 80% des usages informatiques actuels sont axés autour du web, il reste dommage de proposer une machine qui ne peut exploiter son plein potentiel.

Viens ensuite l’option de dual-boot qui proposerait au démarrage de choisir l’OS désiré. Le système est plus qu’éprouvé et l’immense majorité des utilisateurs de GNU/Linux garde sous le coude une partition Windows pour ce faire. Reste l’impossibilité d’une réelle optionalité telle que la désire UFC que Choisir : les systèmes sont figés, préinstallés.

Une des dernières solutions, que je trouve moi la plus viable, est celle très majoritairement utilisée actuellement : une partition de restauration, appuyé par des DVD de restauration. Un logiciel proposerait le déploiement de telle ou telle image système et donc un OS Microsoft et/ou GNU/Linux (ou autre). Ce système est déjà rodé et, les disques durs étant de plus en plus volumineux, agrandir la partition de réinstallation de 4/5Go pour y intégrer une distribution reste faisable. On peut même imaginer une installation qui va chercher ses sources sur Internet, à l’image de ce que propose Debian.

Pourtant, il est des obstacles d’un tout autre ordre à l’application de la proposition de UFC.

Le choix de l’OS, une solution bien compliquée à faire accepter.

Imaginez : vous, Mr Toutlemonde et votre épouse Mme Michu, décidez de faire l’acquisition d’un nouvel ordinateur. Vous avez vu sur un des nombreux prospectus qui polluent votre boite aux lettres une offre qui vous semble intéressante. Vous vous rendez donc dans votre grande surface où le vendeur affecté au rayon informatique (qui dans 1 semaine vendra sans doutes des aspirateurs, mais là je troll) vous demande quel système d’exploitation vous désirez utiliser avec votre ordinateur.

 

vendeur_info

La situation laisse alors place à au moins 3 solutions :

  1. Vous savez  ce qu’est une système d’exploitation, vous savez ce que vous désirez et optez en magasin pour la solution technique qui vous convient. Votre facture se retrouvera peut-être au final un peu plus lourde que prévue puisque le prospectus n’indiquait qu’un caractère illisible la notion de système en option dans le prix.
  2. Vous n’avez jamais connu que Windows et vous demandez donc quelle est la raison de ce choix bizarre qui vous est proposé. Le vendeur (qui peut-être saura très bien vendre un Dyson dernière génération) tente de vous expliquer tant bien que mal qu’il existe des alternatives à Windows, gratuites (oui, open-source et libre sont, actuellement, des notions encore peu connues du grand public). Au mieux, le choix de l’OS se révélera satisfaisant, au pire il sera catastrophique : tout le monde ne retrouve pas ses petits avec tous les OS du marchés.
  3. Vous désirez reporter votre décision (persuadé que dans une semaine le même vendeur essaiera de vous vendre des sacs avec un aspi-tornade Dyson, le vil gredin). Une fois chez vous, vous vous retrouvez avec une machine qui vous pose la même question que le vendeur et dans le meilleur des cas un système de validation de sa commande en ligne a été prévu (ce que je pense), ce qui vous obligera à quelques transaction financière supplémentaires.

Vous le comprenez : je désire mettre ici en évidence la complexification de la situation qui risquerait d’énerver plus d’un utilisateur ; lequel, en plus, se sentirait peu concerné par la vente liée et pour qui la solution impliquerait un enfermement plus grand que le mal qu’il est sensé guérir.

distributions_linux

Arrive ensuite la notion de choix à proposer. S’il est bon de mettre un frein à la vente forcée, quel système sera alors proposé en sus de Windows? Il existe à l’heure actuelle un nombre particulièrement grand de distributions GNU/Linux et même si l’on ne conserve que les grandes distributions (Red Hat, Debian, Mageia, Ubuntu, Fedora, etc.) les possibilités restent très nombreuses. Il est impossible de réellement attendre d’un constructeur un support pour tous les OS et certains se retrouveront donc finalement lésé par le ballot-OS.

Malgré tout, si les objectif de UFC que choisir étaient atteint, il en adviendrait de bons points pour la popularisation de GNU/Linux et des logiciels libres/open-sources.

 

Pour une migration plus tendre vers GNU/Linux?

Je ne suis pas de ceux qui pensent que, d’entrée de jeu, la proposition d’un système GNU/Linux à l’installation augmenterait radicalement ses parts de marchés. En effet, les gens désirant un Windows – qui auront acheté un PC parce que vendus avec Windows et a qui le vendeur dira Windows c’est bien – choisiront Windows dans le ballot-screen. Au final, seulement quelques curieux tenteraient l’aventure ; je le crains, non sans nuits blanches et besoin d’assistance…

 

zoburo-linux


Toutefois, si les marques se voyaient dans l’obligation de proposer leurs machines compatibles avec des OS GNU/Linux, on peut-être sûr que celles-ci collaboreront d’avantages avec les développeurs de drivers Linux. On reproche souvent le manque de compatibilité des matériels avec Linux. Le savoir faire, et les deniers, des grandes marques sauraient faire largement avancer la situation. Il ne serait plus nécessaire, par exemple, d’attendre plusieurs mois avant de bénéficier du support d’une nouvelle technologie (comme l’optimus, par exemple).

Qui plus est, l’image de marque de GNU/Linux s’en trouverait grandie. Bien qu’il faille reconnaitre que Ubuntu a grandement fait évolué les mœurs, pour beaucoup GNU/Linux est un OS de geeks. Il en sera surement tout à fait autrement lorsque les PC destinés au grand public en seront équipés. Xandros, pour l’EeePC 701, alien qui a vu naitre l’engouement pour les netbooks, a déjà amorcé le phénomène. GNU/Linux peut-être utilisé facilement et sans encombres par presque tout le monde. Il ne reste plus qu’à le faire comprendre à tous. Vendre des PC fiables, labellisé GNU/Linux, ne fera donc que du bien à l’image de l’OS.

En ce sens, malgré l’aspect brut des propositions d’UFC, je pense sincèrement qu’elles pourraient nettement favoriser le support et l’image de Linux, pour à terme permettre une migration plus tendre vers GNU/Linux. Malheureusement, cela devra passer passer par une étape difficile durant laquelle les habitudes utilisateurs vont être bousculées.

Linux Mint, dont je vous ai déjà souvent parlé,  est un des plus célèbres forks de Ubuntu, la plus populaire des distributions GNU/Linux. Basée sur Ubuntu 11.04 et Gnome 2, la nouvelle mouture de Mint, nommée Katya, est sortie il y a peu.

Pour être plus précis, c’est le 26 Mai qu’a été publiée cette release qui repose sur Ubuntu 11.04, Linux 2.6.38, Gnome 2.32 et Xorg 7.6. Voici, pour résumer, les principales évolution de cette nouvelle édition (la 11ème) :

  • LiveCD 100% free : en plus du Live DVD d’installation, une alternative Live CD est proposée. Le liveCD est une version allégée en logiciels et ne contient ni codec, ni logiciel non libre de droits, lui permettant une diffusion sans problème aux USA et au Japon (brevet inside).

 

  • Gestionnaire de logiciel évolué : le gestionnaire de logiciel (équivalent de la logithèque d’Ubuntu) a évolué afin d’affiner les informations proposées telles que la taille des fichiers à installer grâce à un mode « simulation ».

Le gestionnaire intègre aussi l’installation des polices.

 

  • Gestionnaire de mises à jour plus sur et plus rapide : Le fonctionnement du gestionnaire de mises à jour de Mint a été revu afin de ne plus effectuer des tâches redondantes comme la vérification de l’accès Internet ou le téléchargement des règles (qui définissent la priorité des updates). Cela se solde par un gain en terme de rapidité. La gestion des dépendances a aussi été affinée pour améliorer la fiabilité.

Un travail d’interface a aussi été effectué pour rendre plus intuitive la gestion des mises à jour.

 

  • Interface évoluée et paramétrable : On se rappelle que le slogan de Linux Mint est « from freedom came elegance ».Avec cette version 11, l’interface a été retravaillée pour reprendre notamment les évolution de Ubuntu 11 telle que les barres de défilement superposée ; le thème Mint-X a lui aussi été amélioré. Mint intègre désormais un utilitaire Desktop Setting qui permettra, à l’instar de Ubuntu Tweak, de paramétrer son interface.

Mint 11 conserve GTK et les icônes de Mint 10. Le gestionnaire d’écran de démarrage Plymouth peinant à gérer certains drivers graphiques et les hautes résolutions, la séquence de boot de Mint 11 est totalement noire, lui conférant un aspect plus pro. Le module de recherche « mint-search-addon » pour les navigateurs Opéra, Firefox et Chromium a aussi été optimisé.

 

  • Evolutions systèmes et logicielles :Mint intègre dorénavant une commande « apt download » qui permet le téléchargement d’un paquet .deb localement avec toutes ses dépendances. Pour les version 32bits, Mint proposera l’installation séparée de Flash 10.2 et Flash 10.3 Beta quand pour les version 64, le plugin « Square » est proposé nativement. Différents choix logiciels ont aussi été appliqués tels que la suppression de Gwibber ou les remplacements de gThmb par F-Spot (gestionnaire photo), de Rhytmbox par Banshee  (lecteur musique) et de OpenOffice.org par LibreOffice.

C’est donc encore une fois une évolution intéressante de cette distribution. Si vous désirez la télécharger, vous trouvez le miroir correspondant à votre version ICI. Mint ne proposant pas un assistant de mise à jour comme Ubuntu, il vous faudra suivre la procédure décrite ICI. Enfin, si vous hésitez toujours à migrer vers Mint peut-être que ce test ou l’avis de Madame sauront vous en convaincre!

Plus d’info sur Mint 11 ici (en français) ou ici (en anglais). En cas de problème avec cette version 11, vous pouvez aussi consulter cette liste de problèmes connus.

 

Les utilisateurs d’Ubuntu 11.04 l’ont remarqué sans doute, les notification System Tray ne sont pas disponibles pour toutes les application, forte heureusement il y a une astuce qui permet de résoudre ça :)

Dans un Terminal entrer cette ligne de commande :

gsettings set com.canonical.Unity.Panel systray-whitelist « ['all']« 

Cette commande va activer les notifications pour toutes les application, si vous souhaitez spécifier seulement quelques unes dont vous voulez avoir les notifications, vous pouvez les ajouter à une whitelistu :

gsettings set com.canonical.Unity.Panel systray-whitelist « ['empathy', 'mumble', 'vos_applications' ] »

Il vous reste plus que à vous déconnecter puis se re-connecter prend effet.

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Dans la lignée des sondages de l'équipe serveur, un nouveau sondage vient de paraître à l'initiative de plusieurs membres de la communauté Ubuntu. Son but en savoir plus sur votre utilisation de Ubuntu pour que les retours des utilisateurs ne se fassent pas uniquement à travers de rapports de bugs... Pour le moment c'est juste en anglais mais j'ai bon espoir de le voir traduit en français prochainement...

Bref je vous conseille vivement de le remplir ! et bien sur c'est complètement anonyme...

Vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 mai 2011, 3 journées complètes de 10h à 18h sans interruptions pour découvrir Ubuntu et les logiciels libres au Carrefour numérique de la Cité des sciences et de l’industrie. Nous venons d’ouvrir nos portes pour vous accueillir tout au long du week-end et vous proposons des démonstrations, des cours, des ateliers, de l’aide, des installations, et bien entendu des conférences, avec une liste de conférenciers que tous le monde nous envie.

Samedi et dimanche, vous pourrez également suivre les conférences en ligne et en direct si vous ne pouvez être présents, en vous rendant à l’adresse : http://ubuntu-paris.org/live.php. Huit heures de direct par jour rendu possible grâce au soutien du Carrefour numérique et de la Cité des sciences et de l’industrie et des ses équipes qui nous accueillent chaleureusement tous les 6 mois.

Pensez à parlez de l’événement tout au long du week-end sur tous les médias à votre disposition tel que twitter, identi.ca, facebook, flickr, blogs, forums et tous les autres. Hashtag de l’événement : #ubuntuparty .

Le programme complet sur le site de l’événement et toutes les ressources pour nous rejoindre : http://ubuntu-paris.org/

Le week end des 27, 28 et 29 mai 2011, au Carrefour numérique de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, se tiendra l’Ubuntu Party célébrant les logiciels libres et la sortie de la toute dernière version 11.04 d’Ubuntu. Cette version apporte le meilleur des logiciels libre, mais également un profond changement dans la façon d’utiliser votre ordinateur grâce à la nouvelle interface de bureau Unity.

À cette occasion, une centaine de bénévoles seront là pour vous accueillir et vous faire découvrir le monde du libre au travers de démonstrations, d’ateliers, de cours et de conférences sur les 3 jours de cette Ubuntu Party. Vous pourrez également venir avec votre ordinateur pour vous faire accompagner dans l’installation, la mise à jour ou simplement la configuration de votre système Ubuntu.

Nous mettons un point d’honneur à proposer régulièrement de nouveaux ateliers pour permettre à tous de découvrir en profondeur une activité en vous laissant le temps de tester à votre rythme. Pour cela, nous vous recommandons de venir avec votre pc portable, nous ne pouvons malheureusement pas fournir de postes pour ces ateliers. De plus, pour ceux qui sont intéressé par la récupération de données, munissez vous d’un support externe tel qu’un disque dur, ou un clé USB, en prenant soin d’en avoir fait une sauvegarde, cet atelier nécessitant une dextérité toute particulière.

Samedi 28 mai :

  • 13h00 – Devenir conférencier du libre
    Lionel Allorge et Frédéric Mandé reviennent une nouvelle fois dans cette édition pour vous faire partager leur expérience et vous inciter à devenir vous même conférencier et parler efficacement des logiciels libres.
  • 13h30 – Bidouillabilité
    Toujours le même atelier, mais systématiquement différent, Gabriel Pettier vous fera découvrir les joies de toucher à tout et de personnaliser à outrance votre environnement.
  • 16h00 – Aller plus loin avec la ligne de commande
    Après un cours d’initiation, ceux voulant aller plus loin auront deux heures complètes pour parfaire leurs connaissances de la ligne de commande, animé Vincent-Xavier Jumel qui se fera un plaisir de vous donner toutes ses astuces pour être un utilisateur expérimenté.
  • 16h00 – Ubuntu Serveur
    Nicolas Barcet vous fera découvrir cette version d’Ubuntu qu’on ne voit qu’au travers d’un terminal mais qui pourtant est utilisée par des millions d’hébergeurs de services internet.

Dimanche 29 mai :

  • 11h00 – Contribuer à Ubuntu
    Julien Lavergne vous expliquera les différentes possibilités offertes pour que vous aussi vous deveniez contributeur sur le projet Ubuntu.
  • 13h00 – Récupérer ses données
    Spécialiste de la récupération de données, Rémy Sabatier vous fera partager ses connaissances et son expertise.
  • 14h00 – HTML, CSS, JS… Les langages du web
    Les langages du web sont partout et Emmanuel Charpentier vous en expliquera les bases afin de vous permette un jour de faire votre propre site internet si vous le souhaitez.
  • 16h00 – Framapad, contribuer en ligne
    Pierre-Yves Gosset vous présentera ce formidable outil en ligne de collaboration basé sur etherpad, un éditeur de texte où tout le monde peut écrire en même temps dessus.
  • 16h00 – Outils de communication du contributeur
    Gauthier vous parlera des différents outils de communication utilisés dans la communauté, les avantages de chacun, et les programmes nécessaires pour les utiliser.

Découvrez l’ensemble du programme et les informations utiles sur le site http://ubuntu-paris.org/.


Le week end des 27, 28 et 29 mai 2011, au Carrefour numérique de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, se tiendra l’Ubuntu Party célébrant les logiciels libres et la sortie de la toute dernière version 11.04 d’Ubuntu. Cette version apporte le meilleur des logiciels libre, mais également un profond changement dans la façon d’utiliser votre ordinateur grâce à la nouvelle interface de bureau Unity.

À cette occasion, une centaine de bénévoles seront là pour vous accueillir et vous faire découvrir le monde du libre au travers de démonstrations, d’ateliers, de cours et de conférences sur les 3 jours de cette Ubuntu Party. Vous pourrez également venir avec votre ordinateur pour vous faire accompagner dans l’installation, la mise à jour ou simplement la configuration de votre système Ubuntu.

Nous ouvrons 1h plus tôt pour cette édition, ce qui fait 1h de conférence en plus par jour rien que pour vous. Venez découvrir les évolutions des environnement de bureau et les différents aspect de la communauté du libre. Également au programme des conférences proche de l’actualité et de la défense de vos droits.

Vendredi 27 mai :

  • 13h00 – Utiliser les licences libres
    Benjamin Jean de l’association veni, vidi, libri viendra vous parler des avantages à utiliser des licences libres.
  • 14h30 – Les logiciels libre c’est quoi
    Simon Descarpentries vous présentera ce qu’est un logiciel libre dans un langage accessible à tous.
  • 15h30 – La clef usb, outil pédagogique
    Julia Buchner de Milliweb abordera les utilisations toute particulière des clé usb, véritable source de pédagogie.
  • 16h00 – Racketiciel
    Alain Coulais et ses actions pour défendre les droits des consommateurs contre la vente liée
  • 17h00 – GNU/Linux et Ubuntu en entreprise
    Antonin « Libfy! » vous montrera que les logiciels libres ont leur place en entreprise

Samedi 28 mai :

  • 10h15 – Introduction à Ubuntu
    Découvrez simplement ce qu’est Ubuntu avec Frédéric Mandé
  • 11h00 – Nouveautés Ubuntu et Unity
    Ce que contient cette nouvelle édition, et la nouvelle interface de bureau Unity, présenté par Didier Roche, un de ses principaux développeurs
  • 12h00 – Jouer sous Ubuntu
    Les jeux ont également leur place dans l’univers des logiciels libres, par Sébastien Bernery de JeuxLinux
  • 12h30 – Kubuntu
    Kubuntu c’est Ubuntu mais fournit avec l’environnement moderne KDE4, et qui vous sera présenté par Vincent-Xavier Jumel
  • 13h00 – Lubuntu, le bureau poids plume
    Julien Lavergne, un des principaux mainteneur de Lubuntu, vous montrera l’efficacité de l’environnement Lxde pour les ordinateurs les moins puissant
  • 13h30 - GNOME 3, le bureau de demain
    Frédéric Péters, release manager de GNOME, vous présentera l’évolution du bureau que vous connaissiez dans les versions précédentes d’Ubuntu et sorti il y a moins de 2 mois
  • 14h30 – La route est longue mais la voie est libre
    Une restrospective des activité de Framasoft par Alexis Kauffmann
  • 15h00 – Ubuntu Studio
    Laurent Bellegarde de l’association Lprod sera là pour vous montrer la puissance du libre dans le domaine de la création.
  • 16h00 – Le libre au delà du logiciel
    Pierre-Yves Gosset de Framasoft abordera toute la notion de libre qui ne s’arrête pas aux frontières des logiciels, mais est une culture en soit
  • 17h00 – Internet et liberté
    Jérémie Zimmermann de La Quadrature du Net sera là pour vous sensibiliser sur vos libertés sur internet

Dimanche 29 mai :

  • 10h15 -Introduction à Ubuntu
    Découvrez simplement ce qu’est Ubuntu avec Frédéric Mandé
  • 11h00 – Nouveautés Ubuntu et Unity
    Ce que contient cette nouvelle édition, et la nouvelle interface de bureau Unity, présenté par Didier Roche, un de ses principaux développeurs
  • 12h00 – Les femmes dans le libre
    Claire Corgnou et Jeanne Tadeusz parlerons de la position des femmes dans le libre
  • 12h30 – Ces formations universitaires sur les logiciels libres
    Romain Gauthier de UNG apportera des réponses sur la nécessité, le contenu et la qualité de ces formations essentielles.
  • 13h00 – Utiliser les licences libres
    Benjamin Jean de l’association veni, vidi, libri viendra vous parler des avantages à utiliser des licences libres
  • 14h00 – Le vrai mariage du siècle : vos données avec des formats ouverts !
    Thierry Stoehr de Formats Ouverts vous expliquera la nécessite d’utiliser des standards ouverts pour tout
  • 15h00 – La communauté Ubuntu-fr
    Découvrez la communauté francophone des utilisateurs d’Ubuntu et ses actions par Olivier Fraysse présent depuis sa création.
  • 15h30 – Mozilla et Firefox 4
    Vivien Nicolas et Louis-Rémi Babé de Mozilla, vous présenteront le navigateur internet dans sa version de bureau et également dans sa version mobile
  • 16h00 – Les grandes batailles autour du logiciel libre
    Jeanne Tadeusz en charge des affaires publique à l’April, vous présentera les grands dossiers en cours de l’association
  • 17h00 – Neutralité du net: les dernières nouvelles du front
    C’est un combat de tous les jours mené par Benjamin Bayart et l’association FDN pour défendre la neutralité des réseaux

Découvrez l’ensemble du programme et les informations utiles sur le site http://ubuntu-paris.org/.


Jule Berlin - CC byÇa y est, les premiers « ordinateurs Google », les Chromebooks - un Acer et un Samsung pour commencer - vont bientôt arriver sur le marché. Ils seront tous les deux munis du système d’exploitation maison Google Chrome OS (qui, rappelons-le, repose sur une couche open source Chromium OS).

Potentiellement il s’agit bien moins d’une évolution que d’une véritable révolution.

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans… mais souvenons-nous de nos premiers PC. On avait nos applications (téléchargées en ligne ou installées depuis un cédérom) que l’on mettait à jour volontairement et manuellement. Parmi ces applications, il y a une qui a pris de plus en plus d’importance au fil des ans, c’est notre navigateur Web. Mais on conservait encore du temps pour notre suite bureautique ou notre traitement d’images. Si on n’avait pas la chance d’être sur un OS libre alors il fallait aussi un antivirus. Et puis on avait nos fichiers, dans notre disque dur ou nos périphériques.

Avec un Chromebook, tout ceci disparaît d’un coup de baguette magique ! Direction : « le nuage » !

Ici notre ordinateur se confond avec notre navigateur et se transforme en un terminal de connexion à Internet (vous avez dit Minitel 2.0 ?). Nous n’avons plus à nous soucier des applications, de leurs mises à jour, des fichiers et de leur stockage. Ce sont les serveurs de Google qui s’en chargent pour nous. Quel confort, quelle praticité, quelle simplicité !

C’est bien l’image que souhaite nous en donner Google en tout cas dans cette signifiante publicité vidéo : le Chromebook ce n’est pas un ordinateur portable, ce n’est pas un portable qui a accès au Web, c’est le Web matérialisé dans le Chromebook, on peut tout faire désormais sur le Web, y accéder de n’importe où, etc. et la dernière phrase, emblématique : le Chromebook sera prêt quand vous le serez.

Bon, imaginons que ces ordinateurs soient massivement adoptés et qu’au fur à mesure que le temps passe et que la connexion en tout lieu s’améliore, ils soient de plus en plus plébiscités… en grignotant chaque jour davantage de part de marché. Alors, soyons un peu provocateur, il ne servira plus à rien de se rendre, comme nous la semaine prochaine[1], à l’Ubuntu Party de Paris. Car l’adoption ou la migration de Windows vers GNU/Linux sera alors complètement court-circuitée. Idem pour d’autres célèbres migrations, d’Internet Explorer à Firefox (bonjour Google Chrome), de MIcrosoft Office à LibreOffice (bonjour Google Documents). Framasoft aussi du reste ne servira plus à rien (ou presque) puisque son annuaire, ses clés ou ses dvd seront définitivement à ranger dans les archives du Web.

Le danger est réel pour « la communauté du libre ». D’autant qu’en son sein Google jouit d’une bien meilleure image qu’un Microsoft, Apple ou Facebook et que nous sommes nombreux à posséder un compte Gmail.

Mais le danger est encore plus réel pour le futur acheteur d’un Chromebook. Car la condition sine qua non pour l’utiliser c’est de posséder un compte Google et de souscrire de facto à ses conditions d’utilisation. Conditions pas toujours très claires quant à l’usage de vos données personnelles et qui peuvent changer à tout moment selon le bon vouloir de Google (et de ses actionnaires). Vous ne vendrez pas spécialement votre âme au diable, mais dites-vous bien que vous confiez tout, absolument tout, à la société commerciale américaine Google[2].

C’est, entre autres critiques, ce que souligne Ryan Cartwright dans la traduction ci-dessous.

Si le Chromebook devient un succès, peut-être allons-nous devenir de « vieux réacs du Web » (des « Zemmour du Web » !) avec notre souhait et notre souci de conserver le contrôle et donc la liberté sur nos serveurs, nos machines, nos applications, nos fichiers et nos données.

Mais au moins aura-t-on tenté de résister et de vous prévenir…

Chromebooks - Le futur commence aujourd’hui ?

Chromebooks - has the future arrived?

Ryan Cartwright - 18 mai 2011 - Free Software Magazine
(Traduction Framalang : Goofy et Lolo le 13)

On a l’impression que ça fait une éternité que Google a annoncé ChromeOS, ce qui bien sûr a fait couler beaucoup d’encre, y compris dans ce magazine. Maintenant que deux fabricants s’apprêtent à lancer deux modèles de Chromebooks, il pourrait être utile de se souvenir des problèmes liés au « système d’exploitation basé sur le nuage », en général et dans ce cas précis.

C’est quoi le « nuage » ?

Il n’y a pas de réelle définition de ce qu’est le « nuage ». C’est comme la « Propriété Intellectuelle » : c’est surtout un terme de marketing qu’on peut recycler à son gré pour lui faire dire ce qu’on veut. Quand j’utiliserai l’expression ici, « un système d’exploitation dans les nuages » est quelque chose où toutes les données et les applications utilisateurs sont sur le World Wide Web. La seule chose qui reste au plan du matériel lui-même, c’est un système d’exploitation basique sur un disque et un navigateur Web. Je suis certain qu’on peut trouver des définitions plus complexes et plus détaillées de système d’exploitation dans les nuages et/ou de ChromeOS, mais ma définition ira bien pour cet article.

Vie privée et confidentialité des données

Ce sera toujours le plus gros problème en ce qui concerne le système d’exploitation basé sur le nuage. Si vous-même en tant qu’utilisateur vous espérez stocker vos données en ligne, alors vous les mettez (avec beaucoup d’autres choses) en danger. Il y a assez d’exemples de données en lignes qui ont été lues par des personnes non autorisées pour rendre inquiétant un système d’exploitation entier basé sur ce concept. Alors qu’il est vrai que beaucoup de gens ne font pas l’effort de sécuriser leurs données sur un support externe, certains pensent que ces données seront protégées derrière une porte fermée. Oui, donner à ces soi-disant ordinateurs un accès au Web en fait des ressources ouvertes, même si la plupart des données personnelles de l’utilisateur lambda manquent d’intérêt pour les malfaisants. Cependant, réunissez toutes les données sur un simple serveur (ou un groupe de serveurs) et soudain les données deviennent bien plus attractives. Et plus elles sont attirantes plus le risque est élevé. Pour faire une analogie, c’est comme la différence entre ceux qui stockent leur économies dans un coffre-fort à la maison et ceux qui les confient à la banque. Le fait de passer de maison en maison pour faire une série de casses n’était pas très attirant pour les voleurs. Par contre, mettez tout cet argent dans un seul coffre-fort d’une banque et soudain le facteur de retour sur l’effort fait que la chose est bien plus séduisante.

Donc si ChromeOS m’autorisait à stocker mes données dans un serveur de mon choix et me laissait la possibilité d’avoir un autre apps store dans un autre endroit, alors au moins les données pourraient être davantage sous mon contrôle. C’est vrai, plein d’utilisateurs de ces Chromebooks n’y feront probablement pas attention mais sans même cette éventualité, il est inutile de chercher à leur faire comprendre l’idiotie de leur renoncement.

Accès

ChromeOS est conçu et vendu comme « basé sur le nuage », avec la Wi-Fi et la 3G (il existe des versions avec la wifi seule). Ce qui présente aussitôt à mes yeux un problème particulier. Que se passe-t-il quand vous n’avez pas de connexion ? Existe-t-il une option hors-connexion ? Mes recherches suggèrent que non mais pour être honnête toute la documentation sur ce point est soit du marketing de Google ou des fabricants soit rédigée au doigt mouillé sur des sites de technos qui veulent se positionner au plus haut dans les résultats des moteurs de recherche.

J’imagine que la cible marketing des Chromebooks sera le marché des netbooks et tablettes. J’ai noté qu’on utilisait la plupart du temps ce genre d’appareils dans des conférences ou des cafés. Il existe une bonne raison à ça — on trouve généralement dans ces endroits une connexion wifi à peu près correcte. Dans ce genre d’environnement le Chromebook conviendra parfaitement, mais si la connexion Internet devient un peu chancelante, que se passera-t-il ? Que va devenir un document que vous avez à moitié entamé au moment où la connexion s’interrompt ? Je suis certain que Google s’est penché sur le problème mais jusqu’à maintenant je n’ai pas vu grand-chose qui aille dans le sens d’une solution.

Pendant que j’y suis, parlons un peu de l’impression. Comme Chromebooks fait tout « dans le nuage », imprimer localement devient un problème. Il semble que la solution soit de connecter votre imprimante locale à l’Internet et d’imprimer via les serveurs de Google. Oui, vous avez bien lu, et je le répète : pour imprimer avec un Chromebook, vous aurez besoin d’utiliser une imprimante qui sera connectée au réseau. Donc, vous devez partager non seulement vos données avec Google, mais aussi votre imprimante. Bon d’accord en réalité la plupart des utilisateurs enregistreront leurs documents avec Google docs et les imprimeront depuis un ordinateur qui ne sera pas dans le nuage, à l’aide d’une imprimante locale. Mais même ainsi c’est à mes yeux un nouvel inconvénient.

Applis

Aucun appareil digne de ce nom ne peut être lancé sans une myriade d’applis. Dans le cas de Chromebook il existe des applis web pour le navigateur Chrome. Certaines sont gratuites, d’autres sont gratuites dans la période d’essai, d’autres enfin sont carrément commerciales. Aucune de celles que j’ai vues n’est libre au sens où nous en parlons ici. je ne suis pas toujours d’accord à 100% avec Richard Stallman (gare au troll) mais il a raison de déclarer :

« C’est aussi nul que d’utiliser un programme propriétaire. Faites vos opérations informatiques sur votre propre ordinateur avec votre programme respectueux de vos libertés. Si vous utilisez un programme propriétaire ou le serveur web de quelqu’un d’autre, vous êtes sans défenses. Vous êtes à la merci de celui qui a conçu le logiciel ». Richard Stallman, cité par le Guardian, 29 septembre 2008.

Il existe aussi un autre problème qui nous concerne en tant qu’utilisateurs de logiciels libres. La licence de ces applis web n’est pas mentionnée dans la boutique d’applis de Chrome. Google a probablement raison de prétendre que la plupart des utilisateurs de ChromeOS seront plus préoccupés par le prix que par la liberté, mais malgré tout l’absence d’information sur la licence soustrait un point important de l’esprit du public. Quand vous pensez à tout le temps qu’il a fallu pour avoir les libertés en informatique que nous avons aujourd’hui, omettre délibérément ces informations revient simplement à encourager les gens à ignorer les problèmes de liberté et de confidentialité. Les cyniques répondront que c’est le problème de Google (et autres géants du secteur informatique) et que c’est certainement payé par Android. Ce qui a été lancé comme un système d’exploitation pour mobile « basé sur Linux » est maintenant connu comme « Android de Google ». Tout comme si des questions importantes — mais finalement un peu barbantes — comme la sécurité, la confidentialité et la liberté devaient être sacrifiées sur l’autel non du prix cassé mais de l’accès facile. Tant qu’on peut le faire facilement, le sacrifice que vous devez faire passe inaperçu.

Pas ma tasse de thé

Vous aurez probablement deviné que le Chromebook ne figure pas en tête de la liste de cadeaux à me faire sur mon compte Amazon. Mais ce n’est pas un problème car je n’ai pas pour habitude de partager ma liste de vœux avec tout le monde. Il existe simplement beaucoup trop de problèmes importants à mes yeux qui restent sans solution et qui ne pourront être résolus compte-tenu du modèle économique de ChromeOS. Toutefois à la différence des iTrucs (que je déteste pour des raisons évidentes) et les tablettes, qui ne me donnent pas la moindre raison de les acheter (l’indice certain que je vieillis), j’ai comme l’intuition que les Chromebooks ne se vendront pas si bien que ça. La raison majeure c’est que beaucoup ne supporteront pas l’idée de devoir être toujours en ligne. Avoir une connexion un peu faiblarde pour un usage basique du Web c’est une chose, mais quand vous en avez besoin pour votre travail vous êtes vraiment très vite furieux. Mais je pense que les problèmes que je viens de soulever ne vont pas se dissiper. Nous autres dans la communauté du logiciel libre (encore une expression dont les contours sont flous), nous avons pris conscience depuis un certain temps des problèmes de libertés posés par « l’informatique dans le nuage », mais nous avons flirté avec ça sur le marché des appareils mobiles. Je crains que des entreprises propriétaires rapaces ne se mettent à vouloir prendre le contrôle de portions toujours plus vastes de nos vies grâce à des choses comme Chromebook. En quelque sorte ils auront plus vite résolu les problèmes de bande passante que ceux posés par le respect de la vie privée.

Retour vers le passé

La dernière fois que j’ai publié un billet sur ChromeOs j’ai fait quelques prédictions. Comme toujours dans ces cas-là, certaines étaient évidentes (le magasin ChromeOs, les netbooks plus petits et moins voraces en énergie), et d’autres restent encore à accomplir (le développement des logiciels qu’on paiera suivant la consommation). Mais l’une d’entre elles a malheureusement bien des chances de s’accomplir. Si les problèmes que j’ai soulignés dans ce billet comme la confidentialité et les libertés prennent de l’ampleur, alors les logiciels libres, sans forcément disparaître, vont sortir de la sphère d’influence publique et c’est une bien mauvaise chose.

Notes

[1] Voici le programme de l’UP de Paris qui aura lieu du 27 au 29 mai prochain. On notera pour ce qui concerne Framasoft : Le vendredi 27 mai à 13h Utiliser les licences libres par Benjamin Jean, à 14h30 Les logiciels libres c’est quoi par Simon Descarpentries - Le samedi 28 à 14h30 La route est longue mais la voie est libre par Alexis Kauffmann, à 16h Le libre au delà du logiciel par Pierre-Yves Gosset - Le dimanche 29 à 13h Utiliser les licences libres par Benjamin Jean, à 16h l’atelier Framapad, contribuer en ligne par Pierre-Yves Gosset.

[2] Crédit photo : Jule Berlin (Creative Commons By-Sa)

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