Planet

Comme vous le saviez peut-être, aujourd’hui est sortie la version 2.30 de GNOME. Cette version qui devait à la base être nommée 3.0 n’est qu’une étape vers GNOME 3.0. Qu’est-ce que GNOME ? C’est un environnement de bureau axé sur la simplicité, qui offre à l’utilisateur des applications pour pouvoir exploiter son ordinateur du mieux possible. Il offre également pour les développeurs tout un panel de bibliothèques qui permet de développer des applications s’intégrant au bureau GNOME de la manière la plus conviviale possible.


C’est donc aujourd’hui (31 mars 2010) que la version 2.30 de GNOME sort. Au programme, un mode d’affichage partagé pour Nautilus, Empathy qui progresse grâce à des méthodes de drag’n’drop et une meilleure gestion de quelques protocoles de messagerie instantanée, une synchronisation automatique de notes de Tomboy, le lecteur de PDF Evince améliore sa gestion de l’impression et ajoute la possibilité d’attacher des notes, enfin la navigateur Epiphany se voit octroyé de nouvelles fonctionnalités. Bien entendu, je ne fais pas toute la liste des nouveautés car il y a une page pour ça.

Pour ma part, je m’intéresse particulièrement aux changements opérés dans les bibliothèques et surtout GTK+ 2.20 afin de savoir où aller avec java-gnome (qui devrait commencer à tirer partie de GNOME 2.30). N’oublions pas également que GNOME 2.30 sera (et même est déjà utilisé) pour la version, déjà très populaire, 10.04, aussi connu sous le nom de Lucid Lynx, de Ubuntu. Celle-ci sera d’ailleurs une nouvelle LTS (Long Term Support).

Il ne nous reste qu’à apprécier cette nouvelle release (de manière globale) et regarder comment va se profiler le futur et révolutionnaire GNOME 3.0.

Puisque nous avons eu quelques demandes provenant de la capitale, nous avons décidé de faire la même chose que sur Toulouse : une formation d'administration Ubuntu Server à Paris pour laquelle nous allons offrir une place à un membre actif de la communauté du Logiciel Libre.

Cette prochaine session aura lieu du 17 au 21 Mai 2010 et comme toujours chez Objectif Libre, cette formation est dispensée par un expert du domaine, qui fait partie des développeurs de la distribution. Vous serez donc entre de bonnes mains !

Enfin Objectif Libre dispose d'un numéro d'Organisme de Formation Agrée (73 31 05467 31), ce qui fait que vous avez donc la possibilité de faire financer tout ou partie des frais de formation par votre OPCA, notamment aux titres du plan de formation pour les employeurs ainsi que du DIF (Droit Individuel à la Formation) pour les salariés. Bref plus de raison de ne pas assister à cette formation !


Tout le monde a entendu parler de la balise <video/>, la nouveauté la plus médiatisée d’HTML5. Le format vidéo à utiliser sur le web fait polémique (Theora ou H264) à cause de brevets logiciels, toujours bien présents dès il s’agit de freiner l’innovation. Une situation qu’à mon avis seul Google peut résoudre. Mais ce n’est pas l’objet de ce billet, pour l’instant, le format, c’est OGG Theora. Il suffit de placer un fichier ogv quelque part sur un serveur, et Firefox sait la lire.

Un problème survient cependant dès qu’on veut y accéder sur HTTPS plutôt qu’HTTP : on ne peut pas seeker dans la vidéo (c’est-à-dire qu’on ne peut pas déplacer le curseur pour se positionner à n’importe quel endroit), et on ne connaît pas sa durée totale.

Quelle différence entre l’accès en HTTP et HTTPS?

En HTTP, on reçoit la taille du fichier vidéo :

$ curl --compressed -I http://.../video.ogv HTTP/1.1 200 OK Server: Apache … Content-Length: 26959501 Content-Type: video/ogg

En HTTPS, on ne la reçoit pas, car le flux est compressé en gzip.

$ curl --compressed -k -I https://.../video.ogv HTTP/1.1 200 OK Server: Apache … Content-Encoding: gzip Content-Type: video/ogg

(-k permet d’autoriser l’utilisation d’un certificat SSL non reconnu)

C’est la source du problème. Pourquoi ce comportement différent par défaut entre HTTP et HTTPS, je n’en sais rien (si quelqu’un peut m’éclairer…).

Par contre, il est très facile de désactiver la compression pour certains types de fichiers, comme les images ou les vidéos (compression qui n’a de toute façon aucun intérêt ces fichiers sont déjà compressés).

Pour cela, il suffit de rajouter une ligne dans /etc/apache2/mods-available/deflate.conf :

SetEnvIfNoCase Request_URI \.(?:gif|jpe?g|png|ogg|oga|ogv)$ no-gzip dont-vary

et de recharger Apache :

sudo service apache reload

Et maintenant, ça fonctionne correctement sur HTTPS :

$ curl --compressed -k -I https://.../video.ogv HTTP/1.1 200 OK Server: Apache … Content-Length: 26959501 Content-Type: video/ogg

Gwibber est un client de micro-blogging open source pour Linux.

Spécialement adapté à Gnome, développé avec python et GTK, il est intégré par défaut dans sa version 2 à Ubuntu 10.04 Lucid Lynx. Il est bien sûr intégré à d’autres distributions.

Ce logiciel va vous permettre, à la manière d’un Tweetdeck utilisant la technologie Adobe Air, de retrouver sur une interface unique vos différents profils sur les réseaux sociaux et d’y intéragir. Les réseaux disponibles sont pour le moment Identi.ca,  StatusNet, Facebook, Twitter, FriendFeed, Flickr, Digg et BrightKite et Qaiku, moins répandus.

J’avais testé Gwibber sur Debian il y a quelques temps, je n’avais pas du tout été convaincu par la première version, un peu comme gTwitter, et avec mon installation récente d’Ubuntu Lucid, j’ai eu l’occasion de découvrir la seconde branche de développement.

Niveau fonctionnalités, le logiciel est complet:

  • Tous les réseaux sont réunis
  • Réducteurs d’URL intégrés
  • Possibilité d’intéragir selon le réseau (« retweet » pour Twitter, « aimer » de facebook etc…).
  • Possibilité de publier sur un réseau distinct ou sur tous les réesaux simultanément
  • Chaque réseau est différencié sur la barre située à gauche (messages privés, replies, images etc…)
  • Différents thèmes sont disponibles
  • Moteur de recherches efficace intégré

Gwibber est disponible sur une bonne partie des distributions Linux. L’installation est classique et il n’est pas nécessaire d’ajouter de dépôts tiers, juste à activer les dépôts universe et multiverse pour Ubuntu.

Il existe néanmoins des dépôts PPA proposant des daily-builts du logiciel.

A noter que le projet a sa page Launchpad ultra complète où le code source est d’ailleurs disponible au téléchargement.

Pour les utilisateurs de versions plus anciennes d’Ubuntu, je vous invite à consulter la documentation Ubuntu Francophone.

En conclusion, je trouve ce client de micro-blogging assez évolué pour en faire un sérieux outil de veille. Parfaitement intégré à Gnome (GTK oblige), c’est un client qui plaira à nos amis utilisateurs d’identi.ca, Twitter et Facebook.

Ressources:



Gwibber: un client de microblogging sous Linux est un article publié sur Another Pinky Punky. Si vous l'avez aimé, n'hésitez pas et rejoignez-nous sur notre page Facebook ou sur Twitter

Gwibber est un client de micro-blogging open source pour Linux.

Spécialement adapté à Gnome, développé avec python et GTK, il est intégré par défaut dans sa version 2 à Ubuntu 10.04 Lucid Lynx. Il est bien sûr intégré à d’autres distributions.

Ce logiciel va vous permettre, à la manière d’un Tweetdeck utilisant la technologie Adobe Air, de retrouver sur une interface unique vos différents profils sur les réseaux sociaux et d’y intéragir. Les réseaux disponibles sont pour le moment Identi.ca,  StatusNet, Facebook, Twitter, FriendFeed, Flickr, Digg et BrightKite et Qaiku, moins répandus.

J’avais testé Gwibber sur Debian il y a quelques temps, je n’avais pas du tout été convaincu par la première version, un peu comme gTwitter, et avec mon installation récente d’Ubuntu Lucid, j’ai eu l’occasion de découvrir la seconde branche de développement.

Niveau fonctionnalités, le logiciel est complet:

  • Tous les réseaux sont réunis
  • Réducteurs d’URL intégrés
  • Possibilité d’intéragir selon le réseau (« retweet » pour Twitter, « aimer » de facebook etc…).
  • Possibilité de publier sur un réseau distinct ou sur tous les réesaux simultanément
  • Chaque réseau est différencié sur la barre située à gauche (messages privés, replies, images etc…)
  • Différents thèmes sont disponibles
  • Moteur de recherches efficace intégré

Gwibber est disponible sur une bonne partie des distributions Linux. L’installation est classique et il n’est pas nécessaire d’ajouter de dépôts tiers, juste à activer les dépôts universe et multiverse pour Ubuntu.

Il existe néanmoins des dépôts PPA proposant des daily-builts du logiciel.

A noter que le projet a sa page Launchpad ultra complète où le code source est d’ailleurs disponible au téléchargement.

Pour les utilisateurs de versions plus anciennes d’Ubuntu, je vous invite à consulter la documentation Ubuntu Francophone.

En conclusion, je trouve ce client de micro-blogging assez évolué pour en faire un sérieux outil de veille. Parfaitement intégré à Gnome (GTK oblige), c’est un client qui plaira à nos amis utilisateurs d’identi.ca, Twitter et Facebook.

Ressources:



Gwibber: un client de microblogging sous Linux est un article publié sur Another Pinky Punky. Si vous l'avez aimé, n'hésitez pas et rejoignez-nous sur notre page Facebook ou sur Twitter

26 Mars 2010 à 00:38

Trop de code... via BastNic's Blog

Je deviens à mon grand regret un simple spectateur de tout ce qui se publie sur Internet. Trop de projets symfony, drupal, de choses à tester (Jelix sur bitbucket, Symfony 2.0 sur github[1], Drupal 7, les NoSQL, toutes les APIs qui s'ouvrent de partout, etc), et malgré tout les journées ne font toujours que 24h.

On se revoit aux conférences ? (Paris Web, sfLive, RMLL (à Bordeaux \o/)

Notes

[1] Git vaincra


Pour continuer ma série d’articles sur l’auto-hébergement de ses mails, je vais présenter l’installation de SpamAssassin.

Pour mon serveur mail (et plus généralement pour les outils que j’utilise), j’essaie de mettre en place uniquement ce dont j’ai besoin. Et jusqu’ici, je n’avais pas l’utilité d’un anti-spams, ne recevant aucun courrier indésirable. Mais depuis peu, j’en reçois un de temps en temps… C’est donc l’occasion de m’y mettre.

Installation et configuration

Il existe plusieurs méthodes, j’ai choisi la plus simple : c’est procmail qui fournit les mails à SpamAssassin.

Il faut tout d’abord installer et configurer procmail, puis installer le paquet spamassassin :

sudo apt-get install spamassassin

Ensuite, rajouter dans ~/.procmailrc la règle suivante (copiée de la doc) :

# Pipe the mail through spamassassin (replace 'spamassassin' with 'spamc' # if you use the spamc/spamd combination) # # The condition line ensures that only messages smaller than 250 kB # (250 * 1024 = 256000 bytes) are processed by SpamAssassin. Most spam # isn't bigger than a few k and working with big messages can bring # SpamAssassin to its knees. # # The lock file ensures that only 1 spamassassin invocation happens # at 1 time, to keep the load down. # :0fw: spamassassin.lock * < 256000 | spamassassin

Enfin, éditer /etc/spamassassin/local.cf.

Pour uniquement ajouter les en-têtes de spam (ce qui est suffisant pour filtrer), il faut changer la valeur de report_safe :

report_safe 0

Pour ajouter un tag dans le sujet d’un mail considéré comme un spam :

rewrite_header Subject *****SPAM*****

Il est également possible de configurer le score requis pour qu’un mail soit considéré comme un spam. Plus cette valeur est faible, plus le filtre est agressif.
La valeur par défaut (5.0) est un peu faible, je vous conseille d’augmenter un peu si vous voulez limiter les faux-positifs :

required_score 6.0

Rajouter éventuellement les lignes suivantes :

# Langues attendues (les autres auront un score plus élevé) ok_languages fr # Rapports en français lang fr

Pour ajouter un expéditeur en liste blanche, rajouter :

whitelist_from any@mail.com

Test

Pour tester, le plus simple est de mettre un filtre très sévère, par exemple avec un score négatif :

required_score -2

En m’envoyant un mail à moi-même qui contient comme sujet test, je constate à la réception que les en-têtes ont été modifiés :

Subject: *****SPAM***** test Date: Thu, 25 Mar 2010 21:19:52 +0100 Message-Id: <1269548392.9798.9.camel@rom-laptop> X-Spam-Flag: YES X-Spam-Checker-Version: SpamAssassin 3.2.5 (2008-06-10) on rom-eeebox X-Spam-Level: *** X-Spam-Status: Yes, score=3.9 required=-2.0 tests=ALL_TRUSTED,

Le mail a bien été détecté comme un spam. Ça fonctionne.

Filtrage

Maintenant que les spams sont détectés, il faut les traiter (les déplacer dans un dossier prévu à cet effet).

Il suffit pour cela de créer un dossier sur le serveur :

maildirmake.dovecot ~/Maildir/.Spams

et d’ajouter la règle suivante dans ~/.procmailrc (plus d’infos) :

:0 * ^X-Spam-Status: Yes .Spams/

Conclusion

Les spams auront maintenant un peu plus de mal à se glisser dans ma boîte mail.

La configuration présentée ici est vraiment minimale. Selon son efficacité il faudra peut-être l’affiner.

Voir aussi

Mes précédents billets sur l’auto-hébergement des mails :
Hébergez vos mails sur Ubuntu Server (et libérez-vous)
Installer un webmail (RoundCube) sur Ubuntu Server
Ajouter l’authentification SMTP sur un serveur mail
Trier ses mails directement sur le serveur (procmail)

L’équipe des développeurs Ubuntu ont annoncé  la sortie de la première version BETA 10.04 LTS sous le code Lucid Lynx qui apporte une foule de nouvelles fonctionnalités intéressantes.

Pour tester cette nouvelle version d’Ubuntu vous pouvez faire un upgrade a partir de votre système directement en tapant sur le clavier Alt + F2 et vous entrez : « update-manager -d » une fois l’outil des mises a jour ouvert vous aurez un message qui vous annonce la disponibilité d’une nouvelle version « 10.04″ alors vous n’aurez qu’a suivre les instructions sur l’écran.

Vous pouvez aussi télécharger le fichier ISO et faire une installation virtuelle sur VirtualBox par exemple.

Les liens de téléchargement :

http://releases.ubuntu.com/releases/10.04/ (Ubuntu Desktop et Serveur)
http://uec-images.ubuntu.com/releases/10.04/beta-1/ (Ubuntu Serveur pour UEC et EC2)
http://releases.ubuntu.com/kubuntu/10.04 (Kubuntu Desktop et Netbook Remix)
http://cdimage.ubuntu.com/xubuntu/releases/lucid/beta-1/ (Xubuntu)
http://cdimage.ubuntu.com/edubuntu/releases/lucid/beta-1/ (Edubuntu)
http://cdimage.ubuntu.com/mythbuntu/releases/lucid/beta-1/ (Mythbuntu)
http://cdimage.ubuntu.com/ubuntustudio/releases/lucid/beta-1/ (Ubuntu Studio)

L’un des changement que vous allez vite remarquer c’est ‘intégration d’un nouveau thème pour mettre a jour l’identité visuelle d’Ubuntu.

Les autres changement :

  • Gnome : Ubuntu 10.04 vient avec la toute dernière version de Gnome 2.29 avec un certain nombre de nouvelles fonctionnalités importantes.
  • Mozilla Firefox : Le moteur de recherche par défaut est maintenant Yahoo (J’aime pas) et pour la page d’accueil sera soit Yahoo ou Google ca dépend de la volonté de l’utilisateur.
  • Linux Kernel : Ubuntu 10.04 BETA 1 inclut le noyau 2.6.32-16.25
  • KDE : Kubuntu intègre KDE SC 4.4, pour plus d’info cliquer ICI.
  • HAL : Cette version BETA supporte la suppression du HAL pour rendre le système encore plus rapide au moment du démarrage, et aussi plus rapide pour reprendre après une mise en veille.
  • Likewise-open 5.4 : Une nouvelle version majeur de likewise-open vient avec Lucid Lynx. ce paquet apporte le support du Active Directory et le support du serveur pour linux.
  • nVidia : un nouveau driver par défaut Open Source pour le matériel nVidia. Pour plus d’info sur le driver « Nouveau » cliquer ICI.
  • Reseau social : Ubuntu intègre maintenant Twitter, identi.ca, Facebook et d’autres réseaux sociaux tout ca grâce au projet Gwibber.
  • Nouveau thème : l’apparence est encore plus beau qu’avant avec ce nouveau thème. Nouveau arrière plan et nouvelles icônes.
  • Ubuntu One : Avec ce service vous pouvez sélectionner n’importe quel dossier pour le synchroniser, et le partager avec vos contacts. Les options ont été actualisé avec plus de fonctionnalités.

Lucid Lynx est toujours en mode BETA, alors biensur il y aura quelques bugs a signaler. Vous pouvez le faire en utilisant l’outil fournis sur cette page.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le Wiki Ubuntu. Ou inscrivez pour recevoir les annonces de développement sur :

http://lists.ubuntu.com/mailman/listinfo/ubuntu-devel-announce

Source de l’article.

Source des images.

12 Mars 2010 à 08:53

Geektionnerd : Lucid Lynx via Framasoft

Comme évoqué dans le billet Mark Shuttleworth d’Ubuntu n’est pas motivé par la haine de Microsoft, la distribution GNU/Linux Ubuntu a changé de peau.

Et c’est l’éternelle querelle des Anciens et des Modernes qui recommence…
(avec en prime un bon gros troll Apple à l’orée du bois)

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Crédit : Simon Gee Giraudot (Creative Commons By-Sa)

Ubuntu - Nouveau LogoC’est non seulement une habitude mais l’une des nombreuses originalités de la célèbre distribution GNU/Linux : tous les six mois Ubuntu sort sa nouvelle version, qui, faisant de plus en plus d’adeptes, est logiquement de plus en plus attendue.

La prochaine version 10.04 LTS[1] se prénomme Lucid Lynx et est prévue pour le mois prochain. Elle promet beaucoup. Mais elle promet aussi d’être l’amie des trolls ;-)

Il faut dire que lorsque l’on occupe la place enviée et reconnue qui est la sienne dans la communauté (notoriété grand public incluse), on s’expose inévitablement à des critiques. Mais il faut également reconnaître qu’un certain nombre d’annonces récentes ont pu parfois jeter le trouble, en particulier chez ceux qui sont moins attachés à l’open source qu’au logiciel libre.

De là à craindre que Canonical, la société créée par Mark Shuttleworth pour développer et soutenir Ubuntu, se transforme en une sorte de nouveau Microsoft, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons certainement pas.

Se contentant de lister quelque éléments selon lui sujets à caution, c’est un pas que n’a cependant pas hésité à franchir un dénommé Alan Lord sur son blog, dans un court et lapidaire billet intitulé explicitement Is Canonical Becoming The New Microsoft?[2].

Et cela n’a évidemment pas loupé, le billet a généré très rapidement une centaine de commentaires divers et variés, nécessairement orientés par ce titre choc.

Le journaliste Sam Varghese a alors jugé bon de contacter Mark Shuttleworth pour avoir son avis dans un article publié sur le site iTWire que vous proposons traduit ci-dessous[3].

PS : Notons que dans l’intervalle, Ubuntu a également révélé sa nouvelle charte graphique et son nouveau logo (ci-dessus). Personnellement j’aime bien, même si je note la disparition apparente du slogan « Linux for Human Beings », qui était peut-être maladroit mais avait le mérite d’évoquer Linux. La confusion entre les deux ou l’aspiration de l’un par l’autre risquent de se faire plus grande encore.

Mark Shuttleworth : « Ma motivation, ce n’est pas la haine de Microsoft. »

I’m not driven by Microsoft hatred: Shuttleworth

Sam Varghese - 15 février 2010 - iTWire
(Traduction Framalang : Don Rico et Simon Descarpentries)

Mark Shuttleworth, fondateur et directeur général de la société Canonical, déclare que s’il a créé sa distribution GNU/Linux Ubuntu, ce n’est en aucun cas par animosité envers Microsoft.

Il a répondu aux questions d’ITWire concernant un récent billet de blog dont l’auteur accusait Canonical de devenir le nouveau Microsoft.

« J’admire plusieurs des accomplissements de Microsoft. J’estime qu’il est tout aussi détestable de diaboliser les employés d’une entreprise que des gens pour leur couleur de peau, leur nationalité ou toute autre particularité » explique Shuttleworth.

« Microsoft se livre toutefois à d’inacceptables abus de position dominante, et je suis fier qu’Ubuntu offre au monde un réel choix entre la servitude continue et la liberté utile, sûre et authentique. »

« Cela dit, mon rôle n’est pas de punir Microsoft, ni de les haïr ; je suis là pour proposer une meilleure voie, si je le peux. Ce sera dur, mais nous le pouvons. Et, dans les cas où nous partageons une cause commune, je travaille volontiers avec Microsoft. Il est possible que ce soit difficile à concevoir pour ceux qui pensent que la vie est plus facile à appréhender si on a un ennemi pour justifier sa cause, mais à mon sens ce comportement conduit au sectarisme, nuit aux résultats et nous empêche de corriger les erreurs du passé. »

Dans son billet, l’auteur énumérait les raisons pour lesquelles Ubuntu devenait d’après lui le nouveau Microsoft : l’intégration de Mono par défaut, la création d’Ubuntu One (un outil propriétaire de stockage en ligne), le retrait de GIMP et d’autres logiciels de la distribution, le passage à Yahoo! comme moteur de recherche par défaut, une enquête visant à savoir quelles applications propriétaires devaient être incluses dans les dépôts d’Ubuntu, et enfin, la nomination de Matt Asay au poste de PDG.

Sans entrer dans les détails concernant chacun de ces points, Shuttleworth indique cependant que « toutes les questions abordées dans le billet que vous mentionnez ont été consciencieusement débattues sur des forums publics. Les gens de chez Canonical et les animateurs de la communauté Ubuntu y ont, je crois, présenté nos intentions sans faux-semblant. »

« Chacune de nos décisions affectant nos utilisateurs auront leurs détracteurs et leur partisans, » a-t-il ajouté, « mais c’est notre volonté de maintenir le cap face au changement qui confère à notre plateforme son dynamisme et sa pertinence, et nous ne nous soustrairons pas à cette responsabilité. »

Shuttleworth explique que son objectif personnel, ainsi que celui de tous ses collaborateurs chez Canonical, est d’apporter les avantages du logiciel libre au plus grand nombre. « C’est ce qui est au cœur de notre motivation, et à maintes reprises nous avons dû employer des chemins détournés pour rester cohérents avec ce principe. »

Il précise que la grande majorité du travail produit par Canonical est mis à la disposition de tous sous licence libre. « Y compris des éléments de nature éminemment stratégique, tel que Launchpad, qui est publié sous une licence compatible avec les réflexions les plus récentes concernant les services internet libres. Nos réalisations propriétaires n’impliquent jamais qu’il faille installer des outils fermés de Canonical dans Ubuntu, se limitent à des services réseau, permettent de promouvoir tout le reste, et restent totalement optionnelles pour les utilisateurs d’Ubuntu. C’est une pratique que l’on retrouve sur d’autres plateformes. »

En conclusion, Mark Shuttleworth affirme être très fier de ce qu’apporte Canonical à la communauté du logiciel libre. « Si nous rencontrons autant de succès que je le souhaite, alors le monde aura pour la première fois une plateforme de qualité professionnelle disponible gratuitement pour tous. Ce qui n’est pas le cas avec les acteurs dominants du marché Linux. Je me consacre corps et âme à ce but, et j’apprécie énormément de partager cette cause avec des milliers d’autres au sein de la communauté Ubuntu. »

« Travailler en partenariat avec Yahoo! n’a jamais, à ma connaissance, induit la moindre négociation avec Microsoft. Et nous n’accepterons pas les conditions de Microsoft en matière de licence de propriété intellectuelle, comme le fit Novell. En revanche, si nous pouvons collaborer de façon constructive avec Microsoft, Oracle ou IBM, lesquels incluent une grande quantité de code propriétaire dans leurs produits, il est certain que nous nous engagerons de façon ouverte et de bonne foi. Je suis convaincu que nous le ferons avec le soutien sans faille des responsables de la communauté Ubuntu. »

Notes

[1] Une version LTS (pour « Long Term Support ») garantit aux utilisateurs, constructeurs et assembleurs, une maintenance et un suivi sur plusieurs années.

[2] On notera qu’Alan Lord a fait depuis amende honorable.

[3] Edit : Alan Lord est intervenu dans les commentaires ci-dessous, en nous signalant notamment la mise au point suivante concernant l’article du journaliste : Sam Varghese Got It Wrong?.

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