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Planet Ubuntu-fr - ITW

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dimanche, juin 17 2007

Gravatar de adminInterview de llwynrt, ubuntera via Administrateur

Cette première interview sera l'occasion de découvrir Marie-Lyse, une personne atypique rencontrée sur le forum Ubuntu-fr (alias llwynrt pour ceux qui l'auraient déjà croisé).

C'est une des -trop- rare Ubuntera, dotée d'une véritable curiosité pour le logiciel libre !

Marie-Lyse, si tu devais te présenter en 2 mots :

Je suis agée 25 ans, titulaire d'un DUT de génie électrique et informatique industrielle actuellement à la recherche d'un emploi. Alors entre lecture et badminton, je pratique l'informatique. J'ai découvert le monde du logiciel libre il y a plus ou moins 5 ans.

Quel est ton parcours dans le monde du logiciel libre avant d'arriver dans l'univers Ubuntu ?

Mon premier logiciel libre a été le navigateur internet Mozilla Firefox, non pas pour son aspect libre mais comme alternative à Internet Explorer (au début je détestais les onglets, maintenant je ne peux plus m'en passer :-)). Puis j'ai ensuite découvert la suite bureautique OpenOffice qui, pour l'utilisation que j'en ai, remplace sans problème la suite de Microsoft.

Jusqu'à un jour me dire « Et pourquoi pas Linux ? ». J'ai alors essayé Mandrake 9.2 sur mon ordinateur fixe et mon portable mais je n'ai pas été convaincue pour plusieurs raisons : pas de wifi sur mon portable, carte graphique GeForce 4 mal configurée et puis KDE c'est moche ;-) ...) Et puis on m'a parlé d'Ubuntu. Mon copain a commandé un lot de cds de la version Hoary sur Shipit et j'ai retenté l'expérience. Bilan : un portable 100% Ubuntu et un fixe 95% Ubuntu (j'ai 2-3 jeux récalcitrants avec Wine). De son côté, mon copain a migré l'un de ses fixes vers Ubuntu et l'autre en dual-boot avec Mac ; je crois que c'est plutôt positif !

Pour moi le libre est important, j'aime pouvoir partager mes logiciels sans être dans l'illégalité


J'aime maîtriser ce qui est fait sur mon ordinateur et apprécie d'avoir un système d'exploitation stable, sans virus ni spywares, qui ne se dégrade pas tout seul avec le temps ...

Actuellement, mon utilisation est purement personnelle (bah oui, je suis au chômage)

La communauté Ubuntu francophone ne compte pas beaucoup de femmes, et pourtant derrière ton pseudo se cache une Ubuntera. Quel est ton point de vue sur la représentation des femmes dans la communauté Ubuntu-fr ?

Depuis que j'ai quitté le lycée, j'ai pu constater qu'effectivement les femmes sont peu présentes dans les domaines techniques. J'ai eu la chance d'être initiée très tôt aux joies de l'informatique quand d'autres filles jouaient encore à la poupée. L'éducation et les préjugés sont deux facteurs de cette situation.

En arrivant dans la communauté Ubuntu-fr, j'ai été accueillie comme une personne utilisant Ubuntu, et non pas comme une femme de plus dans un univers masculin et c'est très bien. Il y a bien sur quelques sujets trollesques sur le forum mais c'est jamais méchant :)

Les ubunteros sont tous différents mais ont un même point commun : la communauté ubuntu

Tu es également une Fonera puisque membre du réseau wifi communautaire FON. As-tu d'autres d'initiatives communautaires, libres ou alternatives à ton actif liées au monde informatique ?

Alternative, oui. Je tape au clavier en Dvorak (non ça ne mord pas !)



Le clavier Dvorak est une alternative aux dispositions traditionnelles des touches sur un clavier. Il a pour but de pouvoir disposer d'une meilleure ergonomie. Etudié pour, sa disposition des touches permet une frappe plus aisée et aussi plus rapide.

Contrairement à la plupart des personnes qui ont une grande aisance avec la disposition AZERTY et refusent de réapprendre un nouveau clavier, tu as donc décidé de t'initier au Dvorak.

Je savais que ça existait sans trop vraiment m'en préoccuper (je tape en azerty avec 4 doigts et ça m'allait très bien). C'est en lisant ce sujet sur le forum que je me suis décidée.

Ce qui m'intéresse c'est le coté ergonomie. Avoir les caractères les plus fréquents sous les doigts forts, c'est appréciable. Les accents sont aussi plus accessibles. Et puis surtout, c'est marrant ! Pour l'instant, j'utilise toujours un clavier azerty (ça m'évite de « tricher ») avec la disposition Dvorak sous les yeux (je ne connais encore que l'alphabet et la ponctuation courante). Mais dès que le dvorak-fr est standardisé et que TypeMatrix sort un clavier correspondant, je crois que je vais craquer et en acheter un. Parce que taper à l'aveugle, c'est pratique, mais quand on n'a qu'une main de libre (téléphone... ) ça devient problématique.

Le fait d'apprendre à taper avec mes dix doigts en même temps que le Dvorak est à la fois un avantage et un inconvénient. Avantage parce que je ne suis pas perturbée par la disposition azerty, inconvénient parce que c'est une gymnastique à laquelle je ne suis pas habituée. Je ne suis pas encore très rapide et je fais beaucoup de fautes mais je persévère.

Depuis la création du keymap dvorak-Fr en mai 2002, plusieurs initiatives de disposition des touches ont eu lieu afin de répondre aux besoins des francophones désireux d'utiliser un clavier de type Dvorak. Le travail de plusieurs collaborations devrait aboutir à l'élaboration d'un clavier Dvorak francophone réellement satisfaisant. Faut-il espérer que cette initiative aboutisse à la standardisation du Dvorak Fr ?

Sans une normalisation, le dvorak-fr aura à mon avis du mal à se diffuser. Tant que les « non-geeks » ne trouveront pas de clavier Dvorak en magasin, ils ne changeront pas leurs habitudes.

La personne qui désire écrire en Dvorak a 3 dispositions au choix. Laquelle prendre ? Pourquoi apprendre une disposition qui sera obsolète ? Écrire à la maison en Dvorak et au boulot en azerty, c'est pas pratique !

Personnellement j'ai choisi la disposition bépo (du nom des 4 premières touches du clavier). C'est celle qui me semblait avoir l'élaboration la plus active. Le clavier Dvorak existe sous Ubuntu, mais pas dans la variante bépo. Heureusement l'installation est plutôt aisée : il existe un paquet de la version 6.2.1.1 pour Ubuntu et la dernière version 6.2.2.4 est disponible en éditant simplement un fichier.

La communauté d'Ubuntu-fr a bonne réputation et est souvent montrée en exemple pour son dynamisme ; mais arrive t-elle selon toi à effacer les critiques plus générales d'un manque de support dans le monde Linux ? Si tu devais décrire en quelques mots cette communauté...

Si tous les fabricants commençaient par fournir des pilotes libre pour Linux, il y aurait déjà moins de problèmes...

Pour une utilisation en entreprise il y a des besoins plus spécifiques que je ne connais pas, mais à mon avis cette critique n'est plus vraiment justifiée pour un particulier. Avec Windows, quand quelqu'un a un problème, il demande à quelqu'un de plus calé que lui, avec ubuntu il cherche dans la doc et le forum.

La documentation d'Ubuntu-fr est vraiment bien faite. J'ai commencé avec Hoary et la première fois que j'ai sollicité de l'aide sur le forum, c'est quand ma Dapper instable a foiré, soit plus de 6 mois après. Le forum est convivial, on trouve toujours quelqu'un pour nous aider. Pour comparer, j'ai récemment cherché de la documentation sur Mandriva pour quelqu'un qui a acheté un portable avec cette distribution. Tout ce qu'on trouve sur le site officiel, c'est comment s'inscrire au club payant. Il faut vraiment fouiller pour avoir des informations. Il y a bien sur d'autres sites qui fournissent de la documentation, mais rien d'aussi centralisé et accessible aux nouveaux. (Certains esprits trollesques vous diront que Mandriva c'est tellement simple qu'il n'y a pas besoin de documentation...)

Et puis il y a le Planet d'Ubuntu-fr qui permet de lire les blogs d'Ubunteros et est aussi une mine de renseignements divers et variés.

Un dernier petit mot : as tu un programme, un projet, une association à faire découvrir aux lecteurs de cet interview ?

Tout d'abord, les sauvegardes automatiques c'est bien pratique (orage et coupure secteur en plein milieu de la rédaction).

Quelque chose à présenter ? Le Dvorak ? Fon ? Zut, c'est déjà fait ! Bon tant pis :-)

(texte entièrement tapé en Dvorak)
lundi, mars 5 2007

Gravatar de adminL'informatique libre de demain vue par Mark Shuttleworth via Administrateur

J'apprécie de m'acheter une petite revue sur Linux de temps en temps ; il y a toujours un article intéressant ou une distribution à découvrir. Le prix de ces magazines peut paraître élevé mais c'est toujours un plaisir de tomber sur une interview de Mark Shuttleworth...



Planète Linux est magazine bimestriel français dont le numéro 45 de janvier 2007 était encore sur les rayons de ma librairie il y a quelques jours. Alors pas d'hésitation !

Inutile de le présenter pour la plupart des aficionados d'Ubuntu mais pour les lecteurs du Planet pour qui le nom de Mark Shuttleworth n'évoque rien, un petit rappel :

Mark Shuttleworth fut développeur Debian au milieu des années 1990, et en 2004, il retourna au monde de GNU/Linux en créant Ubuntu, une nouvelle distribution Linux dont l'objectif avoué est de populariser ce système d'exploitation, via sa société Canonical Ltd. Il fut l'un des premiers touristes de l'espace et le premier sud-africain à voyager dans l'espace.

Dans ce numéro, 5 spécialistes (Alan Cox, Gaël Duval, Richard Stallman, Anthony Towns et Mark Shuttleworth) débattent de l'avenir de GNU/Linux en répondant à une petite série de questions.

Sans plus attendre, le point de vue du fondateur d'Ubuntu...

Durant les cinq dernières années, GNU/Linux s'est imposé sur les serveurs d'entreprises. Pensez-vous qu'il puisse faire son apparition aussi rapidement sur les postes de travail des grande entreprises ? Quels sont les principaux freins ?

Mark Shuttleworth : Le marché des postes de travail en entreprise est un marché très difficile à approcher pour Linux. Il y a un grand nombre de dépendances desquelles Linux doit s'affranchir avant que nous ne voyions son adoption répandue sur les postes des utilisateurs. Je pense que nous verrons une croissance de Linux dans les environnements très spécialisés, comme les centres d'appel ou et la gestion des données. Aussi, nous verrons une adoption rapide dans des pays comme le Brésil, la Chine et l'Inde, dans lesquels l'économie du logiciel exclut aujourd'hui la majeure partie de la population active. Dans les pays de l'Ouest, Linux s'imposera petit à petit dans les foyers qui n'ont plus qu'un seul pc et qui veulent surfer sur le web en toute tranquillité. Beaucoup de gens nous disent qu'ils ont installé Ubuntu chez leurs parents ou leurs grands-parents pour être sûr qu'ils n'auront pas de spyware et autres virus. C'est une donnée très importante.

Si GNU/Linux arrive à s'imposer petit à petit dans les entreprises, ce n'est pas encore le cas chez le grand public. Les préjugés sont encore nombreux comme : on ne peut pas encore lire un DVD ou mon APN n'est pas reconnu. Quels sont, selon vous, le(s) domaine(s) dans lesquels GNU/Linux doit encore faire de gros progrès et comment faire tomber ces préjugés ?

La première chose, c'est que nous devons travailler pour que le matériel quotidien (clés USB, Imprimantes...) fonctionne sous Linux. Les produits comme l'iPod doivent être compatibles avec notre système d'exploitation, tout comme les APN, les imprimantes, les webcams, etc. Cela dit, nous ne gagnerons pas juste en faisant comme les autres. Nous devons miser sur nos forces, trouver de nouveaux secteurs où Linux peut offrir un meilleur résultat que les alternatives propriétaires. Nous offrons déjà mieux que les autres puisque Linux est livré avec plus d'applications que Windows.

Le futur du développement informatique passe-t-il obligatoirement par les logiciels libres ? Expliquez-nous en tant que développeur ce que vous apporte la licence GPL et en quoi elle pourrait être compatible avec une licence propriétaire. quel est votre point de vue sur la polémique de la GPLv3. Faudra-t-il conserver la licence GPLv2 durant de nombreuses années ?

Oui, je crois que le logiciel libre est une façon plus efficace de créer des logiciels que le logiciel propriétaire. Je m'attends à ce que le logiciel libre devienne le mode de développement par défaut pour déployer, créer et améliorer les logiciels. Concernant la GPL, c'est vraiment la "constitution" du mouvement du logiciel libre. Elle articule, clairement et simplement, l'idée que vous pouvez "utilisez ce logiciel, le changer et le partager, tant que vous partagez les modifications que vous y apportez quand vous partagez les résultats". C'est l'effet boule-de-neige qui est au coeur du succès de projet comme Linux. Quant-au débat sur la GPLv3, il vient au bon moment, à un moment où se font sentir d'importantes menaces sur le logiciel libre de la part des sociétés qui détiennent des brevets. Je n'ai pas d'avis sur la licence GPLv3 parce qu'elle n'est pas encore achevée. Mais je pense que la FSF a réussi dans le passé. Donc je suis heureux qu'ils coordonnent les discussions. Je pense vraiment que le débat, comme celui qui est sur les brevets, est vraiment très important.

Comment imaginez-vous l'ordinateur de demain ? Le système d'exploitation reste-t-il la pièce maîtresse d'un ordinateur ? Dans les 10 prochaines années, le système GNU/Linux va-t-il s'unifier ou allons nous conserver plusieurs distributions sur le modèle actuel ?

Je m'attends à voir de plus en plus de distributions spécialisées. Bien que cela puisse apparaître irritant, ça permet à Linux de devenir beaucoup plus spécialisé et ainsi plus approprié aux besoins de groupes différents.

Enfin, parmi les projets sur lesquels vous travaillez actuellement (ou non), lequel est promis au meilleur avenir, auquel croyez-vous le plus ?

Ubuntu bien sûr !


Merci à DP Pess pour son aimable autorisation à publier un extrait de l'interview de ce magazine :)