L'intérêt d'avoir une Dedibox sur une classe C réputée niche à boulets, c'est qu'on est confronté à de nombreuses tentatives de hacks, DDOS et autres bruteforce quasi-quotidiennement. De quoi envisager une approche totalement paranoïaque de la sécurité du système ; voila quelques bonnes résolutions pour une Ubuntu-server.
Utilisez de vrais mots de passe
Minimum 8 caractères avec des lettres, des chiffres et de la ponctuation. Changez-en régulièrement.
Mieux, utilisez des clés SSH.
Désactiver l'accès root depuis SSH
Si quelqu'un arrivait à craquer votre accès SSH, il serait dommage qu'il arrive directement en root. Le moyen le plus simple pour éviter cela, c'est de désactiver l'accès SSH en root, en éditant le fichier /etc/ssh/sshd_config et en remplaçant la ligne :
PermitRootLogin: yes
par
PermitRootLogin: no
Changer le port SSH par défaut
Toujours dans le même fichier /etc/ssh/sshd_config, changer le numéro de port par défaut (22) par un autre :
Port 12345
Attention, ne prenez pas un numéro de port utilisé par un des autres services que vous utilisez sur le serveur (80 pour http, 25 pour smtp, 443 pour https, etc.)
Par exemple si vous déclarez le port 12345 pour SSH, vous vous connecterez ainsi sur la machine :
$ ssh user@machine.tld -p 12345
Note : Chaque modification du fichier sshd_config doit occasionner un redémarrage du service :
$ sudo /etc/init.d/ssh restart
Blacklister les IP malsaines
fail2ban est un petit utilitaire qui scanne les logs d'accès sshd et blackliste les IP depuis lesquelles émanent trop de tentatives de connexion échouées. Pour l'installer :
$ sudo apt-get install fail2ban
Plus d'infos sur la configuration et l'utilisation de fail2ban.
Interdire l'execution depuis /tmp
Le répertoire /tmp est souvent utilisé par les script-kiddies de tous poils pour y déposer leurs executables et les lancer. Une approche intelligente du phénomène est d'interdire l'execution de programme sur ce point de montage, en ajoutant la directive noexec à votre fichier /etc/fstab, comme dans cet exemple :
/dev/sda3 /tmp ext3 noexec,nosuid 0 2
Si vous ne possédez pas de point de montage pour /tmp, pas de panique : vous allez pouvoir en créer un à l'arrache 
Attention :
- Le gestionnaire de paquet
apta parfois besoin d'executer des scripts depuis cet emplacement lors de certaines mises à jour, chose que la drectivenoexecinterdit; - MySQL a parfois besoin de créer des tables temporaires à cet emplacement pour traiter des requêtes coûteuses, chose que le
nosuidinterdit.
La manipulation décrite ci-dessus n'est donc à appliquer en connaissance de cause. (voire à ne pas appliquer du tout, en fait. Hem.)
Installer un firewall
Shorewall est un firewall simple à administrer, mais pas pour autant moins efficace que les autres. L'installation se fait par un traditionnel :
$ sudo apt-get install shorewall
Un très bon tutoriel de configuration du logiciel existe, n'hésitez pas à aller y faire un tour. L'idée est dans tous les cas de tout interdire par défaut et d'ouvrir les ports un à un en fonction de vos besoins.
Vérifier régulièrement la présence de rootkits
Chkrootkit scanne votre machine et y déniche les rootkits les plus répandus. Le programme s'installe facilement via la commande :
$ sudo apt-get install chkrootkit
Et se lance de cette façon :
$ sudo chkrootkit
Vous pouvez croner l'exécution du programme quotidiennement et vous en envoyer le résultat par email, en ajoutant cette ligne dans votre crontab :
0 3 * * * chkrootkit 2>&1 | mail vous@domain.tld -s "Rapport de chkrootkit"
D'autres outils peuvent tout aussi bien faire l'affaire et peuvent être utilisés de façon complémentaires :
Ces deux outils sont disponibles dans les dépôts officiels Ubuntu et sont d'une utilisation très simple.
Note : si la commande mail est inconnue de votre système, installez le paquet mailx :
$ sudo apt-get install mailx
Emprisonnez vos programmes et utilisateurs
Chroot est un programme qui permet de littéralement emprisonner un utilisateur ou un programme dans un environnement désolidarisé du reste du système, ce qui garanti une réversibilité des dommages occasionnés.
Plus d'informations sur la commande chroot.
Encore quelques conseils de base
- Mettez régulièrement à jour votre système
- Utilisez toujours les dépôts officiels Ubuntu
- N'installez jamais de softs pour tester en oubliant de les désinstaller par la suite
- N'ouvrez de nouveaux services que si vous en avez réellement besoin
- Surveillez vos logs
- Surveillez régulièrement les process système
- Monitorez votre machine, surveillez les comportements anormaux
- Ne donnez jamais vos mots de passe
- Touchez du bois
Les commentaires bouillent d'impatience de recevoir vos remarques, suggestions et contributions.
Edit : Prise en compte de certains commentaires judicieux.
Edit 2 : JJL pose une vraie question : Ubuntu est-elle prête pour le serveur ? Sachant que les paquets Universe contenant des choses comme Trac ou Bacula ne sont pas maintenues au niveau patches de sécurité, cela laisse songeur...
